Coronavirus, ce qu'il faut savoir cette semaine: vacciner le plus grand nombre

Nous vous proposons de retrouver tous les jeudis une sélection d'interviews, d'enquêtes et reportages réalisés par nos journalistes, en France comme à l'étranger, ainsi que des informations pratiques. © Le Figaro Nous vous proposons de retrouver tous les jeudis une sélection d'interviews, d'enquêtes et reportages réalisés par nos journalistes, en France comme à l'étranger, ainsi que des informations pratiques.

Bonjour,

Avec l'objectif de 400.000 injections par jour en avril, le gouvernement donne un coup d'accélérateur à la vaccination. Il faudra toutefois faire preuve de psychologie pour contrer la défiance des Français à l'égard du sérum d'AstraZeneca. Une sacrée gageure quand la vaccination du plus grand nombre, y compris des enfants, apparaît comme la seule solution pour abandonner un jour les gestes barrière. En attendant, les restrictions sanitaires pèsent lourdement sur le moral des Français et notamment des parents d'enfants privés d'école. Une bonne nouvelle cependant : selon le président de la République, il n'y aura pas de nouveau confinement… d'ici à la fin de l'année scolaire.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro

1. Course à la vaccination

© GONZALO FUENTES / REUTERS

Vacciner au plus vite. L'objectif de 10 millions de primo-vaccinés à la mi-avril devrait être «anticipé de quelques jours», selon le ministre de la Santé, qui se veut confiant sur la prochaine livraison des vaccins. Olivier Véran compte sur tous les leviers mis en place pour accélérer la vaccination: vaccinodromes, injections à domicile, centres militaires. Alain Fisher, le monsieur Vaccin du gouvernement, vise «une cadence de 400.000 injections par jour en avril». «Nous sommes sur la bonne voie», confie-t-il au Figaro tout en jugeant possible «de desserrer l'étau très progressivement» à partir du mois de mai. Quant aux gestes barrières, nous devrions faire avec, de longs mois encore. Selon une étude de l'Institut Pasteur, pour envisager de les abandonner, il faudrait vacciner 90% des 65 ans et plus, et entre 89 et 100% des moins de 65 ans. Un taux inenvisageable sans rendre la vaccination obligatoire. La solution? Vacciner les enfants. «Le taux de couverture vaccinale permettant de se passer des gestes barrières tomberait alors à 60-69% de la population», rapporte le service Sciences du Figaro.

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Produire les vaccins en France. Le frein majeur à la vaccination réside dorénavant dans les lenteurs de la livraison. Le gouvernement français mise sur la production de vaccins en France pour accélérer la cadence et assurer l'indépendance sanitaire de la France. Celle du vaccin Pfizer/BioNTech a commencé mercredi en Eure-et-Loir dans l'usine de l'entreprise Delphram chargée du conditionnement. 15% de sa production sera réservée à la France, proportion prévue par l'Union européenne pour l'Hexagone. «Nous pourrons produire 250 millions de doses d'ici à la fin de l'année», a indiqué mardi Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie. Ce sera ensuite au tour du suédois Recipharm de démarrer la production de la formule du laboratoire Moderna sur son site d'Indre-et-Loire, tandis que Sanofi participera à la formulation et au remplissage des flacons du vaccin de Johnson & Johnson sur son site de Marcy-l'Étoile.

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Vaincre les réticences à l'égard d'AstraZeneca. La campagne de vaccination rencontre une autre turbulence: L'Agence européenne des médicaments (EMA) a établi un lien entre les cas de thromboses graves rares et le vaccin d'AstraZeneca et estime que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire «très rare». Un «risque infinitésimal», souligne le servie Sciences du Figaro. En ordre dispersé, les pays européens ont posé des restrictions d'âge à l'utilisation du vaccin: déconseillée aux moins de 60 ans en Allemagne, Italie, Espagne, 55 ans en Belgique et en France, 30 ans au Royaume-Uni. Même si le régulateur européen maintient que la balance bénéfice/risque reste «positive», cela suffira-t-il à convaincre les Français alors qu'une nouvelle plainte a été déposée par une famille après la mort d'un proche? Le week-end dernier, les désistements se sont multipliés dans les centres de vaccination du nord de la France. «Il est évident que tous les vaccins qui ont été validés par les instances sanitaires européennes et françaises sont des bons vaccins», a tenu à rassurer le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin en déplacement dans la région tandis que les médecins et les pharmaciens tentent en vain de convaincre les patients apeurés. Les rendez-vous pour se faire vacciner avec le sérum de Pfizer/BioNTech en revanche se remplissent vite. Il faut dire que le laboratoire américain collectionne les bonnes nouvelles: 91% d'efficacité six mois après l'injection de la deuxième dose, 100% d'efficacité sur les 12-15 ans et, selon des résultats préliminaires, le vaccin serait également efficace contre le variant sud-africain.

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2. Les Français à l'épreuve du confinement

© shocky / stock.adobe.com

La santé mentale s'invite sur tous les fronts. L'état psychologique des Français n'est pas florissant. Selon un sondage, 71 % d'entre eux estiment que la crise sanitaire a eu un impact négatif sur leur santé mentale. Ce qui pèse le plus? La restriction des libertés, la rupture du lien social ou l'incertitude concernant l'avenir. Mais de l'autre côté de la balance, on découvre dans une étude parue mercredi dans The Lancet Psychiatry que des problèmes psychologiques ou neurologiques sont diagnostiqués pour un ancien malade du Covid sur trois. L'anxiété (17%) et les troubles de l'humeur (14%) sont les plus fréquents. C'est l'éternelle ligne de crête sur laquelle repose la décision de confiner. Dans le même temps, l'épidémie continue sa progression: 5729 patients en réanimation, 433 morts en 24 heures. Le confinement est-il la solution pour limiter le nombre de morts, se demande le service infographie du Figaro. En Allemagne et au Royaume-Uni, il aurait ralenti les décès dus au Covid mais des chercheurs s'inquiètent des «bombes à retardement» que sont l'«explosion des problématiques de santé mentale», en particulier chez les plus jeunes et les «retards d'apprentissage». Les parents d'élèves le savent bien, eux qui ont été confrontés au ratage du démarrage de l'école à distance mardi après avoir été obligés de se réorganiser en urgence à l'annonce de la fermeture des établissements.

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Une dose d’optimisme. Trois éléments au chapitre des bonnes nouvelles: Emmanuel Macron pense qu'il n'y aura pas de nouveau confinement d'ici à la fin de l'année scolaire. C'est ce qu'il a affirmé mardi à des collégiens lors d'une classe virtuelle. Sur le front de la lutte contre la maladie, des essais menés sur un médicament antiviral contre le Covid sont très prometteurs. Le molnupiravir est plus puissant que le seul antiviral autorisé actuellement aux États-Unis contre le Sars-CoV-2, le Remdesivir. Enfin, l'Islande ouvre grand les bras aux touristes vaccinés. Pas de quarantaine, ni de PCR pour ceux qui ont déjà reçu deux doses de vaccin. Les voyageurs ayant déjà contracté le virus peuvent également entrer dans le pays sans restriction sur présentation d'un test sérologique ou d'un test PCR positif datant de plus de 14 jours. De quoi rêver un peu.

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3. Pour tout savoir sur les vaccins

Pour connaître les dernières informations sur les vaccins contre le Covid-19, l'avancée de la campagne de vaccination, le calendrier, les spécificités des vaccins, les effets secondaires, Le Figaro vous propose de vous rendre sur son article régulièrement mis à jour.

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4. Couvre-feu et confinement, mode d'emploi

La France est sous couvre-feu depuis le 15 décembre. Il est interdit de sortir de chez soi entre 19 heures et 6 heures du matin, sous peine d'une amende de 135 euros. Il existe cependant des motifs dérogatoires pour lesquels une attestation doit être présentée.

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À ce couvre-feu s'ajoutent des restrictions sanitaires sur tout le territoire français depuis le samedi 3 avril. Les commerces non essentiels sont fermés, le télétravail est renforcé, les sorties en journée sont limitées à 10 km. Au-delà, une attestation est exigée.

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Depuis le 31 janvier, les frontières de la France avec les pays hors Union européenne sont fermées. Les déplacements en dehors de l'espace européen et vers les DOM-TOM ne sont autorisés que pour des motifs personnels, médicaux et professionnels bien précis, décès d'un proche, raison de santé, motifs professionnels, etc. Le service voyage du Figaro vous en donne le détail.

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5. Les réflexes à conserver

Quelques gestes simples permettent de limiter la propagation du virus. Les voici :

  • Se laver les mains toutes les heures ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Éviter de se faire la bise ou de se serrer la main
  • Porter un masque dans les espaces publics quand le respect des distances physiques n'est pas garanti.

Le Covid-19 se transmet par les gouttelettes (les sécrétions respiratoires), par contact rapproché avec une personne infectée, notamment lorsque celle-ci tousse ou éternue. Mais il peut aussi se transmettre par l'air. Le virus reste également viable quelques heures sur différentes surfaces.

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes. Dans 9 cas sur 10, cela se traduit par une fièvre inférieure à 39°C. D'après l'Organisation mondiale de la santé, cette fièvre est le plus souvent accompagnée d'un état de fatigue, de signes d'essoufflement et d'une toux sèche. Souvent d'une perte d'odorat et de goût.

7. Que faire en cas de symptômes ?

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer.

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Si le test est positif, la Caisse primaire d'assurance maladie contactera les personnes susceptibles d'être contaminées. Vous devez alors rester isolé au minimum 8 jours en prenant soin de ne pas contaminer vos proches. Surveillez votre santé. En cas de fièvre, prenez du paracétamol. Prévoyez éventuellement une télé consultation de suivi avec votre médecin. Si vous sentez poindre une difficulté respiratoire, appelez le 15.

Si le test est négatif, contactez votre médecin et respectez ses consignes.

À la semaine prochaine.

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