Marquinhos, symbole d’un PSG conquérant puis anesthésié

© Panoramic

Au Parc des Princes 

Il aurait pu être le héros du soir. Le symbole d’un Paris SG conquérant et prêt à marcher sur l’Europe entière après avoir renvoyé le Barça de Messi et le Bayern Munich de Lewandowski dans leurs chaumières. Il faudra repasser pour imaginer tel scénario ou à défaut attendre mardi prochain et le match retour à Manchester. Premier buteur d’une rencontre à deux visages pour les Parisiens, Marquinhos n’aura pas su stopper la chute des siens au cœur d’une seconde mi-temps cauchemardesque. Cataclysmique.

Sans émotion ni chaleur, tel un pantin désarticulé, le capitaine parisien a malgré tout pris le temps de saluer un à un ses adversaires du soir avant de quitter le dernier la pelouse du Parc des Princes. Sans âme mais pas sans espoir non plus, contraint de croire à l’exploit dans une semaine face à la bande de Pep Guardiola. «On a ce qu’il faut pour renverser la situation, il faut aller là-bas avec une mentalité de guerrier et de la personnalité, souffle-t-il, le visage empreint de déception. Il faut y croire.» 

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Pour son retour depuis son absence de trois semaines et le match aller à Munich, Marquinhos avait pourtant tout fait pour lancer les siens. Sur un coup de tête que n’auraient pas renié Basile Boli ou Samuel Umtiti -auteurs d’un but quasi-similaire et surtout légendaire contre l’AC Milan en 1993 et face à la Belgique en 2018- c’est lui qui jaillissait et plaçait une tête imparable (1-0, 15e) dans une rencontre qui minera les esprits parisiens plusieurs jours. Un coup de casque d’enragé et un but qui venait récompenser la bonne entame de match des bourreaux du Bayern. Une cinquième réalisation dans la carrière du capitaine parisien en Ligue des champions, après celle toute aussi importante inscrite à Munich lors du match aller. Signe d’un homme important dans les grands soirs. Tout semblait tracé. Ecrit. Et magnifique à raconter. Raté. 

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Même si la suite fut du même acabit en première période. Dans un Parc des Princes vide et triste, c’est encore lui qui donnait de la voix, haranguait les siens par des «Come on !», «Ensemble les gars !» ou encore le fameux «En place». Entre sorties autoritaires devant Mahrez (21e) ou tacle plein d’à-propos sur De Bruyne (44e), pour le plus grand plaisir d’un Mauricio Pochettino aux anges et applaudissant la débauche d’énergie de son capitaine sur le bord de touche. A cet instant, personne n’imaginait la catastrophe à venir en seconde période. Encore moins Marquinhos, serein, solide et symbole d’un Paris SG sûr de sa force face à des Citizens broyés dans le combat. 

Physiquement trop juste, comme ses coéquipiers

Hasard ou coïncidence, sa voix portait moins dans les travées du Parc au retour des vestiaires, avec des Parisiens amorphes et asphyxiés par un City pas non plus gigantesque. Et si le Brésilien de 26 ans ne pouvait rien les deux coups de patte de De Bruyne (64e) et Mahrez (71e), son influence sur les siens n’avait rien à voir avec celle entrevue lors du premier acte. Comme éteint et incapable de remobiliser ses troupes en plein cauchemar. Physiquement, son absence de plusieurs semaines se faisait aussi ressentir. Moins saignant. Moins tonique. Et surtout plus lisible pour ses adversaires. La tête rageuse plongée dans son maillot, il peinait même à trouver les mots pour remobiliser son équipe. Conscient d’une soirée qui tournait au cauchemar. Lui, comme les autres, a une revanche à prendre. L’épopée du PSG en Ligue des champions en aura bien besoin.

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