Cuba: le nouveau pouvoir condamné aux réformes économiques

Outre cette évolution politique et symbolique, le congrès devra apporter des réponses à la pire crise économique en 30 ans à Cuba. © REUTERS - ALEXANDRE MENEGHINI Outre cette évolution politique et symbolique, le congrès devra apporter des réponses à la pire crise économique en 30 ans à Cuba.

Une page se tourne à Cuba où de nouveaux dirigeants devraient succéder à la fratrie Castro à l'issue du 8e congrès du Parti communiste qui se tient jusqu'à ce lundi 19 avril. Il devrait en effet introniser le président Miguel Diaz-Canel pour prendre la suite de Raúl Castro. Outre cette évolution politique et symbolique, le congrès devra apporter des réponses à la pire crise économique en 30 ans. Une urgence qui appelle des réformes, reste à savoir lesquelles dans un État qui se libéralise très lentement.

Ce 8e congrès du parti unique s'ouvre dans un contexte de crise économique à Cuba : l'île importe 80% de ses besoins. Voilà des années que les pénuries sont devenues le lot quotidien de la population. Le renforcement de l'embargo par l'administration Trump y est pour beaucoup.

Mais les autorités le reconnaissent publiquement : l'excès de bureaucratie, la corruption et la médiocrité sont aussi en cause.

Pour donner plus de capacités de production, plus d'emplois à la population et moins dépendre des importations, le gouvernement a libéralisé la plupart des secteurs, encore plus depuis l'élection de Miguel Diaz Canel. Mais depuis l'irruption de la pandémie, les secteurs des services qui en ont bénéficié, comme le tourisme, sont à terre. Les réformes agricoles n'ont pas permis d'améliorer le sort des Cubains qui cultivent la terre ni d'augmenter assez la production.

Le régime cubain est entre le marteau et l'enclume. Il est contraint d'ouvrir, d'opérer de nouvelles réformes pour libéraliser l'économie mais sans prendre le risque de perdre le contrôle.

Quelque 300 délégués de provinces sont réunis à La Havane pour en discuter. Les secteurs sensibles comme la presse, la défense ou la santé restent des lignes rouges, a tranché Raul Castro vendredi dernier.

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