Perquisition du FBI chez Rudy Giuliani, l’avocat de Donald Trump

L’appartement de Rudy Giuliani, l’avocat personnel de Donald Trump, a été perquisitionné mercredi dans le cadre de l’enquête sur ses déplacements en Ukraine.

Rudy Giuliani © Andrew Kelly / Reuters Rudy Giuliani

Il y a deux ans, Rudy Giuliani pensait trouver en Ukraine la clé d’un scandale ravageur pour Joe Biden. Mais ses recherches en Europe ont piqué l’intérêt de la justice : son appartement de New York a été perquisitionné par le FBI mercredi, dans le cadre d’une enquête criminelle sur ses déplacements et affaires en Ukraine. Selon le «New York Times», les agents fédéraux sont arrivés chez l’ancien maire de New York à six heures du matin et en sont repartis avec des appareils électroniques, sur lesquels ils recherchaient des échanges entre lui et Petro Porochenko, l’ancien président ukrainien, et deux anciens procureurs du pays. «Ce qu’ils ont fait aujourd’hui était de la brutalité légale», a dénoncé Robert Costello, l’avocat de Rudy Giuliani. Une perquisition similaire a eu lieu dans le même temps chez Victoria Toensing, avocate et une de ses proches.

Les soupçons des autorités portent sur Rudy Giuliani, ses clients et la Maison-Blanche : les enquêteurs cherchent à déterminer si l’ancien maire de New York aurait promis à des oligarques ou proches du pouvoir ukrainien la clémence de la justice américaine, en faisant pression sur l’administration Trump, en échange d’informations compromettantes sur Hunter Biden, le fils de Joe Biden.

Une piste qui a mené à la mise en accusation de Donald Trump

En 2019 et 2020, Rudy Giuliani n’a cessé de marteler sa théorie selon laquelle un pays étranger a tenté d'influencer l'élection de 2016, mais pas la Russie contrairement aux affirmations des services américains de renseignement : il est persuadé que l'Ukraine est à l'origine d'une politique de déstabilisation des États-Unis. Il est convaincu que Joe Biden a influencé la diplomatie américaine, lorsqu’il était vice-président, pour favoriser les intérêts de la société pour laquelle travaillait son fils cadet : ce dernier a été membre du conseil d'administration de l'entreprise de gaz naturel de l'ancien ministre Mykola Slotschewskyj, Burisma Holdings, qui a été dans le viseur de l'ancien procureur général ukrainien Wiktor Schokin. Accusé d'avoir fermé les yeux sur de nombreux cas de corruption en Ukraine, ce dernier a été démis de ses fonctions par le Parlement ukrainien en 2016 après, notamment, une pression accrue des Etats-Unis qui menaçaient d'annuler un prêt d'un milliard de dollars. Une preuve de l'ingérence des affaires de Hunter Biden dans la diplomatie américaine, selon les pro-Trump, oubliant que les critiques virulentes envers le magistrat émanaient également de l'Union européenne.

C’est dans le cadre de ces recherches que Donald Trump a été mis en accusation pour une première fois par la Chambre des représentants : suivant la piste de son avocat personnel, le président américain aurait demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky l’ouverture d’une enquête sur Hunter Biden, tout en bloquant une aide de 391 millions de dollars à l’Ukraine votée par le Congrès. Un «donnant-donnant» pour lequel Donald Trump a échappé à la destitution, comptant sur le soutien des sénateurs républicains à moins d’un an de l’élection présidentielle.

Rudy Giuliani et Lev Parnas au Trump International Hotel de Washington, en septembre 2019. © Aram Roston / Reuters © Fournis par Paris Match Rudy Giuliani et Lev Parnas au Trump International Hotel de Washington, en septembre 2019. © Aram Roston / Reuters

Deux collaborateurs de Rudy Giuliani ont été interpellés à l’automne 2019 et mis en examen pour violation des lois sur la financement de campagne. Lev Parnas, un des deux hommes inculpés, avait assuré début 2020 qu’il était impossible que Rudy Giuliani ait agi sans l’aval de Donald Trump : «Le président Trump savait tout ce qui se passait. Il était au courant de chacun de mes mouvements. Je n'aurais rien fait sans l'approbation de Rudy Giuliani ou du président. Je n'avais aucune raison de parler à tous ces officiels [ukrainiens] et ils n'avaient aucune raison de me parler. Pourquoi les proches de Zelensky ou un ministre ou le président Porochenko m'auraient parlé ? Qui suis-je ? On leur a dit de me rencontrer, c'est le secret qu'ils tentent de garder. J'étais sur le terrain, à faire leur travail», avait déclaré à MSNBC celui qui a été photographié à plusieurs reprises avec l’ancien président.

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