Algérie : ces quatre diplomates en première ligne

À Paris, Bruxelles, New York et Addis-Abeba, ils sont chargés de faire valoir le point de vue d’Alger sur des dossiers aussi sensibles que les droits de l’homme, le Sahara ou le différend mémoriel avec l’ancienne puissance coloniale française. Portraits.

Mohamed Antar Daoud, ambassadeur d’Algérie en France © DR Mohamed Antar Daoud, ambassadeur d’Algérie en France
  • Antar Daoud, ambassadeur en France

Ancien ambassadeur au Gabon et Guinée, il arrive en octobre 2020 au 5, rue de Lisbonne dans un contexte marqué par une lune de miel entre Alger et Paris en dépit de périodes de flottement et de tensions passagères. Diplomate de carrière, cet ancien journaliste a l’avantage de connaître la France pour y avoir fait ses études et pour avoir été consul général à Lille, pendant cinq ans. Le président Tebboune lui a donné carte blanche pour redynamiser les relations avec Paris et faire le ménage dans les représentions algériennes en France.

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Le président Tebboune lui a donné carte blanche pour redynamiser les relations avec Paris et faire le ménage dans les représentions algériennes en France

  • Abdelkader Araoua, diplomate à l’Union africaine
abdelkader araoua© DR© abdelkader araoua © DR © Fournis par Jeune Afrique abdelkader araoua© DR© abdelkader araoua © DR

Il a évolué au sein du cabinet de Smaïl Chergui — qui a exercé deux mandats comme commissaire à la paix et à la sécurité à l’UA — et s’est imposé comme un rouage important de la diplomatie algérienne au sein de l’institution panafricaine. Passé par la direction générale des solutions économiques au ministère des Affaires étrangères, il officie à présent comme coordinateur auprès de Ramtane Lamamra, haut représentant de l’UA, pour « faire taire les armes ». Il a été chargé d’affaires à l’ambassade d’Algérie à Séoul entre 2008 et 2012, avant d’être nommé dans la capitale éthiopienne, en 2014.

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  • Mohamed Hannache, ambassadeur à Bruxelles

Directeur général « Europe » au ministère des Affaires étrangères plusieurs années durant, il est ambassadeur d’Algérie en Belgique et son représentant permanent auprès de l’Union européenne (UE) depuis février 2020. Il arrive à Bruxelles au moment où l’Algérie souhaite une remise à plat de l’accord d’association conclu sous l’ancien régime et dont certaines clauses sont jugées trop défavorables à l’économie algérienne. Entre 2005 et 2018, l’Algérie a importé pour plus de 320 milliards d’euros de biens de l’UE tandis que ses exportations vers l’UE, hors hydrocarbures, ne dépassent pas 15 milliards de dollars.

Il arrive à Bruxelles au moment où l’Algérie souhaite une remise à plat de l’accord d’association conclu sous l’ancien régime

  • Madjid Bouguerra, ambassadeur à Washington

Diplomate de carrière, cet énarque qui maitrise parfaitement l’anglais et l’allemand a été ambassadeur en Zambie, au Niger, en Chine et en Allemagne dans les années 1980 et 2000 avant d’être brièvement nommé ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines entre 2013 et 2014. Il arrive à Washington en 2015 comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire sous la mandature de Barack Obama. Son poste à Washington prend aujourd’hui une autre tournure avec l’élection de Joe Biden à la place de Trump ainsi qu’une approche totalement différente de la politique étrangère US envers le Maghreb et l’Afrique en général.

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