PSG : Neymar, retour perdant

Neymar et les siens ont failli contre le Losc, à quatre jours du déplacement à Munich © Panoramic Neymar et les siens ont failli contre le Losc, à quatre jours du déplacement à Munich

«La trêve a fait du bien à Ney», promettait Mauricio Pochettino, avant d’affronter Lille, samedi, au Parc des Princes. Et l’Argentin d’ajouter : «On est très content de ce qu'il a fait pendant la coupure internationale». Sauf qu’il n’y a pas eu de miracle pour l'intéressé. Et que le Paris-SG a cédé trois points précieux, peut-être cruciaux, dans la course au titre (défaite 0-1). Écarté des terrains pendant de longues semaines après sa blessure à l’adducteur, le 10 février, l’international brésilien de 29 ans a rejoué à Lyon, juste avant la trêve (victoire 4-2). 20 petites minutes en fin de rencontre. Ensuite, il n’a pas eu le loisir d’enchaîner avec la Seleçao, les matches internationaux de la zone Amérique du Sud ayant été reportés pour raisons sanitaires. Neymar a donc travaillé au Camp des Loges. Mais comme le dit «Poche», «la compétition, c'est la compétition». Et comme le disait son prédécesseur sur le banc parisien Thomas Tuchel avant lui, «il a besoin de son rythme pour être le meilleur Neymar». Et ce n’est pas le meilleur Neymar qu’on a vu samedi contre les Dogues…

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En regardant les statistiques, on peut se dire que l’ex-Barcelonais a été le joueur parisien plus dangereux et que le verre est à moitié plein, avec sept frappes, trois dernières passes avant un tir, 77 ballons et pas moins de six fautes subies. Sans parler des fautes non sifflées... Sauf que les chiffres ne disent pas tout. A l’image de ce coup franc totalement raté en début de partie (13e), de cette frappe du gauche qui passait loin du cadre (25e) ou de cette ouverture trop longue pour Kylian Mbappé (47e), «Ney» a manqué de justesse. Il est néanmoins sur les trois occasions parisiennes les plus nettes : une reprise acrobatique aussi spectaculaire que ratée (7e), une tête au point de penalty (69e) et une passe qui aurait été décisive pour Mbappé sans un grand Mike Maignan (15e). Si près, si loin…

Neymar et Djalo ne partiront pas en vacances ensemble…

Aligné en vrai-faux 10 au départ, puis à gauche et enfin associé à Mbappé dans l’axe, Neymar n’avait pas son coup de rein habituel. Il a forcé (23 duels, 39,1% gagnés), comme il le fait si souvent quand il n'est pas au top, tentant même d’aller gratter un penalty en forme de cache-misère (55e). Et surtout, il s’est énervé. D’abord contre Benjamin André. Symbole de ce Losc combatif et accrocheur, l’ancien Rennais a commis plusieurs fautes non sanctionnées par les arbitres sur le Brésilien, qui se jetait sur lui, tête contre tête, avant de repousser son visage de la main. Bon pour un avertissement (48e). Et en fin de match, il bousculait Tiago Djalo, ce dernier ayant commis une grosse faute sur lui en première période (35e). Benoît Bastien sortait une deuxième biscotte pour Neymar (90e), et aussi pour le Lillois (90+1). Leur «idylle» et les échanges de mots doux se poursuivaient dans le couloir menant aux vestiaires, les deux hommes étant en fait à deux doigts d’en venir aux mains… Des images qui feront sans doute mauvais genre devant la Commission de discipline…

Ce n’est pas la première fois que Neymar perd ses nerfs. Il s’agissait de sa quatrième expulsion à Paris. Le garçon est aussi sensible que sanguin. Interrogé sur la gestion des émotions, Pochettino a glissé ceci en conférence de presse d'après-match: «C’est très important dans le football et dans la vie. C’est une évolution. Peut-être que les résultats se verront à plus longue échéance. On ne peut pas parler que de la gestion des émotions. Il y a plein de secteurs qu’on essaie d’optimiser pour devenir meilleur.» Celui-là, il faudra peut-être s’y atteler rapidement… Même si, comme le relève l’ancien coach de Tottenham, «tout était rose après Lyon, c’est différent aujourd’hui». Et après la démonstration à Barcelone (victoire 4-1), beaucoup avaient (à juste titre) loué le sang-froid des Parisiens. 

Evidemment, Neymar n’est pas le seul à être passé à côté de son sujet samedi dans les rangs des champions de France en titre. A part Keylor Navas et Presnel Kimpembe, il n’y avait pas beaucoup de bons points à attribuer après ce revers, le huitième de la saison en L1, dont cinq au Parc des Princes. Collectivement, on a vu un PSG sans idée, sans liant, manquant d'agressivité et tellement orphelin de Marco Verratti, positif au Covid-19 en plus de sa blessure à la cuisse et out pour au moins une semaine. «Surtout à la maison, il faut être plus costaud que cela», peste Marquinhos, sur Canal+. Mercredi, c’est toutefois en déplacement qu’il faudra être costaud, à Munich, contre le Bayern, en quarts aller de Ligue des champions. Avec un Neymar plus fringuant que samedi contre Lille ? Plus calme, ce serait déjà ça…

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 «Je n’ai pas senti de tension, dit Christophe Galtier, au sujet de ce choc de la 31e journée de L1. Il y avait de la détermination des deux côtés, des échanges verbaux, mais de la détermination parce que c’était un rendez-vous important pour les deux équipes. C’était un match très engagé. On a un joueur qui sort avec une cheville très abîmée (Jonathan David, touché lors d’une intervention rugueuse et sanctionnée d'un avertissement de Gana Gueye, ndlr), un joueur expulsé de manière trop rapide (Tiago Djalo). Plus de nervosité du côté de Paris, Neymar ? Ce sont des matches avec des enjeux importants, il y a de l'excitation, de la nervosité quand vous êtes menés au score. Ce qui est arrivé à Neymar peut arriver à un de mes joueurs. Il faut arriver à se canaliser évidemment. Il n’y a pas eu de geste méchant de Neymar mais je constate que mon joueur a été expulsé aussi.» Un joueur qui dépannait à droite samedi, sur le pré de la Porte de Saint-Cloud, et dont l’absence va poser d’autant plus de problème que Zeki Celik et Jérémy Pied sont indisponibles.

Pendant ce temps, le Bayern avance

Paris, qui a désormais trois points de retard sur le néo-leader lillois au classement, sera bien embêté aussi sans son génie brésilien, à coup sûr forfait pour cause de suspension samedi prochain à Strasbourg. «On peut encore faire de belles choses, martèle «Marqui». Il faut se concentrer sur le positif, sur ce qu’on peut améliorer. Le prochain match, c’est l’un des plus importants de la saison pour nous. Il faudra être à 100%.» Il vaudrait mieux, car le Bayern, même sans Robert Lewandowski, reste une impressionnante machine. Demandez à Leipzig, battu samedi à la Red Bull Arena (0-1). Un succès qui permet aux champions d’Europe de s’ouvrir une autoroute vers un neuvième sacre d’affilée et de faire le plein de confiance avant de défier le PSG de Neymar. Un PSG tellement imprévisible que tout reste possible en C1…

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