Mort de Delphin Kahimbi en RDC: les six prévenus relaxés en première instance

Le général Delphin Kahimbi, ici près de Goma en octobre 2008, est décédé en février 2020 et les circonstances de sa mort ne sont toujours pas élucidées. © AFP PHOTO / Walter ASTRADA Le général Delphin Kahimbi, ici près de Goma en octobre 2008, est décédé en février 2020 et les circonstances de sa mort ne sont toujours pas élucidées.

Aucune condamnation après plus d’une année d’enquête et un procès devant le tribunal de Grande instance de Kinshasa-Gombe. Le procès avait été ouvert début mai dans la prison centrale de Makala où quatre des six prévenus étaient détenus. La veuve du défunt et sa belle-mère qui étaient poursuivies pour meurtre ont été acquittées par les juges, mais les zones d’ombre persistent.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

En République démocratique du Congo (RDC), après trois audiences dans la cour de la prison de Makala, les juges ont tranché et acquitté, lundi 7 juin, les six prévenus dans le cadre du procès sur la mort, le 28 février 2020, du général-major Delphin Kahimbi, ancien chef des renseignements militaires et proche de l’ex-président Joseph Kabila.

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« Le tribunal dit non établie, en faits comme en droits, l’infraction d’assassinat mise à charge des prévenus Nkoy Okale Brenda et Mondo Mpila Scolastique. En conséquence, les en acquitte et les renvoie des fins de poursuite judiciaire, ordonne la restitution de tous les biens saisis tel qu’énumérés dans la motivation. »

Le jour de sa mort Delphin Kahimbi était attendu devant le conseil national de sécurité pour des soupçons d’espionnage et d’atteinte à la sûreté de l’État.

Les parties civiles insatisfaites

Sa veuve était la principale accusée et vivait en résidence surveillée depuis fin 2020. Elle a soutenu devant le tribunal que son mari s’était écroulé à la suite d’une crise ce 28 février 2020.

Mais le rapport d’autopsie disait autre chose : le général avait été victime d’une pendaison « atypique et incomplète ».

Sans preuve matérielle, le procureur et les parties civiles n’ont pas convaincu les juges. S’agissait-il d’un meurtre ou suicide ?

La justice a tranché mais le mystère persiste notamment pour les défenseurs des droits de l’homme, comme Emmanuel Adu Cole, de la fondation Bill Clinton pour la Paix. « Nous demandons à la justice militaire de continuer avec les enquêtes, d’arrêter les vrais coupables. »

Le procureur ne s’est pas prononcé sur le champ, mais les parties civiles souhaitent partir en appel.

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