Aube dorée : Ioannis Lagos enfin arrêté à Bruxelles

L'eurodéputé Ioannis Lagos, ex-dirigeant d'Aube dorée, le 12 octobre au Parlement européen. © Louisa Gouliamaki L'eurodéputé Ioannis Lagos, ex-dirigeant d'Aube dorée, le 12 octobre au Parlement européen.

Ce mardi, l’eurodéputé Ioannis Lagos, élu du parti néonazi Aube dorée, a été arrêté à Bruxelles. Cette arrestation fait suite à la levée de son immunité parlementaire qui avait été votée lundi au Parlement européen, à une très large majorité : 658 eurodéputés se sont prononcés pour, 25 contre et 10 se sont abstenus, selon le résultat du scrutin à bulletins secrets qui a eu lieu en séance plénière. Le groupe de gauche Syriza a alors immédiatement qualifié le résultat de «vote historique».

Ce point de vue n’est évidemment pas celui que, lundi, l’eurodéputé avait partagé. Sur Twitter, il a affirmé : «Je ne retourne pas en Grèce dans les prochains jours.» Ajoutant, en outre, qu’il resterait «fort et libre». Sa prédiction ne s’est pas réalisée.

S’il bénéficiait d’une immunité parlementaire, c’est parce qu’il avait été élu en juillet 2019 au Parlement européen sur la liste d’Aube dorée. Quelque mois plus tard, il avait cependant quitté la formation pour devenir indépendant. Ioannis Lagos avait déjà été placé en détention provisoire en septembre 2013 après le meurtre d’un militant antifasciste, Pavlos Fyssas. Il avait été remis en liberté conditionnelle dix-huit mois plus tard, mais le meurtre du jeune homme avait été l’élément déclencheur d’un autre procès, pour avoir assuré la «direction d’une organisation criminelle».

Pendant cinq ans, les juges grecs ont planché sur le dossier. Aube dorée a été reconnue «organisation criminelle». Jugé coupable de l’avoir dirigée, Ioannis Lagos a été condamné à treize ans et huit mois de réclusion. Toutefois, à peine le verdict prononcé, le 7 octobre, il avait rejoint Bruxelles, espérant ainsi échapper à sa condamnation. Il aura donc fallu six mois avant que le Parlement européen ne tranche. C’est, déplore la délégation Syriza à Bruxelles, «parce que le gouvernement [dirigé par le conservateur Kyriakos Mitsotakis, ndlr] avait joint un dossier de 2 000 pages, en grec» pour accompagner la demande de levée d’immunité faite au Parlement européen. Si Ioannis Lagos rejoint donc désormais l’essentiel de ses complices en prison, le numéro 2 de l’organisation, Christos Pappas, est toujours en cavale.

Aube dorée : Ioannis Lagos enfin arrêté à Bruxelles