Cameroun : le débat sur l’après Paul Biya s’intensifie loin des urnes

© Fournis par Journal du Cameroun
La scène politique s’échauffe de plus en plus sur la question de l’après Biya au pouvoir. Des noms circulent, des accusations de tentative de rébellion aussi. Certains spéculent sur une passation du pouvoir avant l’échéance électorale de 2025.

L’on connaissait jusqu’ici les "Franckistes", ce Mouvement dont les auteurs connus demandent depuis plusieurs semaines, à Franck Emmanuel Biya, fils de l'actuel chef de l'Etat, de se déclarer candidat à l'élection présidentielle de 2025.

Quelques jours plus tard, un autre groupe, avec des membres cette fois inconnus, agite la toile avec l’existence du Mouvement des "Badjikaistes", présenté comme soutien au fils du premier chef d'Etat du Cameroun, Amadou Ahidjo,  pour qu'il succède à Paul Biya (88 ans).

Il faut dire qu'avant l’apparition de ces mouvements, un groupe armé déclarait sa volonté de renverser le pouvoir de Yaoundé par les armes. Les autorités de la République centrafricaine avaient informées celles du Cameroun que ce groupe rebelle est tapi au niveau de la frontière Est du pays et se fait appeler Mouvement pour la libération du Cameroun (MLC). Puis, les membres du MLC n’ont pas tardé à se dévoiler publiquement à travers des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Par le même canal, le politologue et géostratège, Mathias Eric Owona Nguini vient d’affirmer qu’une rébellion est en gestation dans le Grand Nord avec pour objectif de Couper le Cameroun en deux par le Nord, séparer celui-ci du Sud. « Voilà le mécanisme d'enclenchement de la nouvelle dynamique crise politico-militaire que des officines néo-coloniales préparent avec le MLC. Une nouvelle phase de la guerre hybride est sur le point de commencer», soutient  le vice-recteur de l’Université de Yaoundé I en charge de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises.

Pas du tout d’accord avec cette sortie du Pr Owona Nguini, le journaliste GuibaÏ Gatama monte au créneau. En réponse à l’enseignant, le directeur de publication du journal l’Œil du Sahel rétorque en disant que : « les Nordistes ne commettront pas l’erreur d’une quelconque rébellion ou insurrection pour être malicieusement écartés de la seule bataille qui vaille d’être menée en ce moment: celle de la succession du Président Paul Biya. Hier, Boko Haram était une rébellion... qui devait permettre aux Nordistes d’avancer masqués pour Etoudi (Cf Eyebe Ayissi, le prof lui-même, Dénis Kwebo...). Cette mise à l’épreuve par des accusations fallacieuses, blessantes, alors que nous payions un lourd tribut au terrorisme n’était pas seulement une erreur d’appréciation mais le résultat d’une démarche bien mûrie », regrette le patron de presse.

Des joutes épistolaires, des guerres de succession qui arrivent deux ans seulement après la dernière présidentielle, et à cinq ans de la prochaine.  Preuve s'il en était encore besoin, que dans la rue et les salons feutrés,, beaucoup d'esprits se projettent déjà vers l’après Paul Biya (39 ans au pouvoir).

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