Israël/Gaza: face au soutien de Joe Biden à Israël, le front des démocrates se fissure au Congrès

La députée démocrate de New York Alexandria Ocasio-Cortez parle de « complicité » des américains avec Israël. Ici, à la Chambre des Représentants, le 23 juillet 2020. (Image illustration). © AP La députée démocrate de New York Alexandria Ocasio-Cortez parle de « complicité » des américains avec Israël. Ici, à la Chambre des Représentants, le 23 juillet 2020. (Image illustration).

À l'ONU, ce lundi 17 mai, les États-Unis se sont à nouveau opposés à l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité, qui appelait à « une cessation des violences » et à la « protection des civils ». Le texte avait été rédigé par la Chine, la Tunisie et la Norvège, et Washington a simplement indiqué ne pas pouvoir « soutenir, pour le moment, une expression » du Conseil de sécurité. Cette position pour le moins prudente de l’administration américaine commence à susciter des réactions à la gauche du parti démocrate

Avec notre correspondante à WashingtonAnne Corpet

Le secrétaire d’État américain a déclaré ce matin que les États-Unis soutiendraient toute initiative en faveur d’un cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens. Mais en fin de comptes « c’est aux deux parties en conflit de montrer clairement qu’elles veulent atteindre un cessez-le-feu », a précisé Antony Blinken, qui a une nouvelle fois souligné le droit d’Israël à se défendre contre les attaques du Hamas. 

La position pour le moins prudente de l’administration américaine commence à susciter des réactions à la gauche du parti démocrate.

De plus en plus de Démocrates critiquent Joe Biden

De plus en plus d’élus démocrates critiquent l’attitude de Joe Biden. Le Parti démocrate commence à se fissurer à ce sujet. Ce dimanche 28 sénateurs démocrates ont signé une tribune appelant à un cessez-le-feu immédiat entre Palestiniens et Israéliens. Mais les chefs de la majorité au Sénat et à la Chambre se sont abstenus d’apposer leurs noms sur ce texte.

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Chuck Schumer et Nancy Pelosi estiment, comme Joe Biden, qu’Israël est en droit de se défendre contre les tirs de roquettes du Hamas. Le secrétaire d’État américain fait valoir que les États-Unis agissent en coulisses, l’administration estime qu’il serait contre productif de condamner publiquement Israël. Mais cette position est vivement critiquée par la gauche du parti qui voudrait voir le président faire pression sur Israël afin que cessent les raids aériens meurtriers sur Gaza.

« Complicité » des Américains

Alexandria Ocasio-Cortez a évoqué la « complicité » des Américains. Une autre élue démocrate de la chambre a parlé de crime de guerre après le bombardement de l’immeuble qui abritait des médias à Gaza. « Cela se passe avec le soutien des États-Unis », a dénoncé samedi la jeune parlementaire progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, en tweetant la vidéo de la frappe ayant pulvérisé l'immeuble qui abritait à Gaza les locaux de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et de l'agence de presse américaine Associated Press.

Ces tensions internes au parti démocrate interviennent alors que le Congrès a jusqu’au 25 mai pour se prononcer sur une vente d’armes d'une valeur de 735 millions de dollars à Israël.

Il est peu probable qu’une résolution soit votée pour s’y opposer, mais cela va sans nul doute donner l’occasion aux élus de gauche de continuer à exprimer publiquement leur colère. Le président américain Joe Biden a annoncé qu'il échangerait dans la journée avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu au sujet de l'escalade de violences en cours.

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