Les chefs de la diplomatie de l'UE et Washington se saisissent du cas Navalny, Moscou rassure

La colonie pénitentiaire IK-2,où est emprisonné l’opposant russe Alexeï Navalny. © AP - Kirill Zarubin La colonie pénitentiaire IK-2,où est emprisonné l’opposant russe Alexeï Navalny.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE vont se pencher lundi sur le cas Alexeï Navalny, a annoncé dimanche le gouvernement allemand, qui avec la France exhorte les autorités russes à prendre soin du principal détracteur du Kremlin. De son côté, Washington met en garde Moscou qui tente de rassurer sur la santé de l’opposant.

« Lors de leur réunion de demain (lundi) à Bruxelles les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne vont discuter de la situation de Navalny », a déclaré le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas au quotidien allemand Bild.

Il a demandé de manière « urgente » aux autorités russes de fournir un « traitement médical adéquat » à l'opposant russe, compte tenu de la dégradation « très préoccupante » de son état de santé.

Heiko Maas a aussi exigé qu'Alexeï Navalny, actuellement détenu dans une colonie pénitentiaire, « ait accès à des médecins ayant sa confiance », ajoutant que « son droit à un accompagnement médical doit lui être garanti sans délai ».

Le même jour, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a tenu des propos similaires, se disant « extrêmement préoccupé » par l'état de santé de l'opposant et évoquant la « responsabilité majeure » du président Vladimir Poutine. Le chef de la diplomatie française a aussi laissé planer la menace de nouvelles sanctions européennes.

Mise en garde de Washington

La Maison Blanche a averti dimanche qu'il y aurait des « conséquences » pour la Russie si Alexeï Navalny décédait. « Quant aux mesures spécifiques que nous prendrions, nous étudions différents types de coûts que nous imposerions, et je ne vais pas les révéler publiquement à ce stade, mais nous avons indiqué qu'il y aura des conséquences si M. Navalny meurt », a déclaré Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, sur la chaîne CNN.

« Nous nous sommes dans un premier temps alliés à l'Union européenne, et à de nombreuses démocraties dans le monde qui partagent notre opinion, pour imposer des sanctions en réponse à ce que le gouvernement russe a fait à Navalny, en réponse à l'utilisation d'une arme chimique contre lui, ce qui va à l'encontre des lois internationales », a expliqué M. Sullivan.

« Deuxièmement, nous avons informé le gouvernement russe que ce qui arrivera à M. Navalny, qu'ils ont incarcéré, sera leur responsabilité et qu'ils seront tenus pour responsables par la communauté internationale », a-t-il poursuivi.

► À lire aussi : Trois journées dans la vie d’Alexeï Navalny

La journaliste lui a alors demandé pourquoi Joe Biden n'avait pas mentionné son sort lors d'un discours solennel jeudi 15 avril sur des sanctions imposées à la Russie ou n'exigeait pas publiquement sa libération. « Nous avons estimé que plutôt que de faire des déclarations publiques générales, la meilleure façon de s'attaquer à ce problème était en privé, et à travers des voies diplomatiques directement vers les plus hauts niveaux du gouvernement russe », a confié le conseiller de la Maison Blanche. Le président américain a jugé samedi 17 avril le sort de M. Navalny « totalement injuste », lors de très brèves déclarations aux journalistes.

Moscou se veut rassurant

Moscou ne laissera pas Alexeï Navalny « mourir en prison », a assuré de son côté l'ambassadeur russe à Londres dans une interview dimanche à la BBC.

« On ne le laissera pas mourir en prison, mais je peux dire que M. Navalny se comporte comme un hooligan », « en essayant de violer chaque règle qui a été établie », a déclaré sur la chaîne publique britannique l'ambassadeur Andreï Kéline, accusant l'opposant de « vouloir attirer l'attention ».

Les alliés de l'opposant de 44 ans, malade et en grève de la faim, ont appelé dimanche 18 avril les Russes à manifester le 21 avril pour lui « sauver la vie ». 

Le principal opposant au Kremlin a arrêté de s'alimenter le 31 mars pour protester contre ses mauvaises conditions de détention. Âgé de 44 ans, il a survécu de justesse l'année dernière à un empoisonnement à un agent neurotoxique qui l'avait plongé dans le coma. Il a accusé le Kremlin et les services de sécurité russes d'en être responsables, ce qu'ils nient.

Des médecins proches de l'opposant ont exigé samedi d'être autorisés à le voir immédiatement, craignant qu'il n'ait un arrêt cardiaque mortel « d'une minute à l'autre ».

► À lire aussi : «Alexeï est en train de mourir»: la grande inquiétude des proches de l'opposant en Russie

(Avec AFP)

Les chefs de la diplomatie de l'UE et Washington se saisissent du cas Navalny, Moscou rassure