Le Pérou enfermé dans la spirale infernale des variants

Un habitant de Lima reçoit une dose de Pfizer-BioNTech, le 23 mars 2021. © REUTERS - SEBASTIAN CASTANEDA Un habitant de Lima reçoit une dose de Pfizer-BioNTech, le 23 mars 2021.

Le variant brésilien se répand de façon inquiétante dans toute l'Amérique latine. Au Pérou, le premier cas d’infection de ce variant a été détecté en février dans la région de Loreto, à la frontière brésilienne. Depuis, il s'est propagé à grande vitesse dans tout le pays, et jusqu’à Lima, où il représente près de la moitié des nouveaux cas. Ce qui a de graves conséquences pour les malades et le système de santé péruvien déjà fragilisé.

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Depuis plusieurs semaines, l’hôpital San Isidro Labrador, réservé aux patients Covid et situé dans le quartier d’Ate, à l’est de Lima, est complètement débordé.

« Tous nos lits d’hospitalisation et de soins intensifs sont pleins. On doit accueillir les patients sur des fauteuils roulants et des brancards », témoigne le Dr Luis Palomino.

La faute au variant brésilien qui représente en moyenne 40 % des nouveaux cas de coronavirus à Lima et jusqu’à 60 % dans ce quartier populaire où il fait des ravages.

« On a des familles entières infectées. On voit arriver des gens plus jeunes que lors de la première vague. Des patients de 26, 30, ou 35 ans dans des états graves qu’on doit placer sous assistance respiratoire en soins intensifs. Et certains de ces jeunes meurent. »

Dans la plupart des cas, il s’agit de réinfections, c’est-à-dire de personnes qui ont déjà eu le Covid et en ont guéri. C’est l’un des traits caractéristiques du variant brésilien qui a envahi le Pérou ces dernières semaines et qui inquiète les spécialistes. Comme l’infectiologue Juan Celis.

« Il y a énormément de patients infectés lors de la première vague qui sont à nouveaux contaminés. On sait aussi que ce variant est plus contagieux parce qu’il a une charge virale dix fois plus élevée. C’est terrible parce que entre la possibilité de réinfections et une plus grande contagiosité, le nombre de cas augmente plus rapidement et avec lui le nombre de patients hospitalisés. Ce qui fait que le système de santé sature. »

Pour tenter d’endiguer le phénomène, les autorités sanitaires péruviennes recommandent à la population de porter deux masques. Par ailleurs, le gouvernement vient de prolonger pour au moins deux semaines la suspension des vols en provenance du Brésil.

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