Burundi: les prisonniers graciés commencent à être libérés

Après le premier faux-pas de début mars, lorsque le président burundais avait signé un décret qui accorde la grâce à 5 200 prisonniers déjà identifiés et que leur libération avait été reportée sine die en raison « des erreurs » constatées sur leurs listes, les prisonniers ont commencé à être libérés. (Image d'illustration) © CC0 Pixabay/Contributeur Après le premier faux-pas de début mars, lorsque le président burundais avait signé un décret qui accorde la grâce à 5 200 prisonniers déjà identifiés et que leur libération avait été reportée sine die en raison « des erreurs » constatées sur leurs listes, les prisonniers ont commencé à être libérés. (Image d'illustration)

Au Burundi, les premiers prisonniers qui ont bénéficié de la grâce présidentielle accordée lors des vœux de fin d’année dernière enfin libérés, quatre mois après cette annonce. Ils ont commencé à sortir de prison lundi 26 avril, au moment où le ministre des Affaires étrangères burundais entame une tournée européenne, la première depuis quatre ans.

Près d’un millier de détenus ont été libérés de la prison centrale de Mpimba à Bujumbura le 26 avril, au cours d’une cérémonie présidée par le chef de l’État Evariste Ndayishimiye en personne.

Au final, ce sont près de 3 000 détenus qui vont sortir de prison d’ici ce 27 avril au soir, selon la ministre de la Justice, Jeanine Nibizi. Quelque 2 000 autres prisonniers ont vu leurs peines réduites de moitié toujours dans ce cadre.

« C’est mieux que rien », a réagi Pierre-Claver Mbonimpa l’une des grandes figures de la société civile en exil, qui rappelle que les prisons burundaises restent archi-bondées malgré cette mesure. Elles comptaient fin mars quelque 13 500 pensionnaires pour une capacité d’accueil de 4 200 places, « un record historique » selon son association, l’Aprodeh.

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D’autres prisonniers en attente d’être relâchés

Autre sujet de regret selon lui, la plupart des prisonniers politiques n’ont pas été libérés, dit-il. Il pointe notamment le cas de quelque 300 parmi eux qui ont déjà purgé leurs peines ou ont été acquittés, certains depuis des années, mais que les autorités ne veulent pas relâcher.

Est-ce une simple coïncidence ? La mise en application de cette grâce présidentielle annoncée il y a quatre mois a débuté hier, au moment précis où le ministre burundais des Affaires étrangères, Albert Shingiro, a entamé une tournée européenne qui le conduira en Belgique, en France et en Suisse.

Son objectif : plaider pour la levée des sanctions européennes, alors que les deux parties ont engagé des négociations dans ce sens depuis deux mois. 

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