Une consommation moins impulsive qui tend vers le rationnel!

Ramadan/Covid-19Par Karima El Otmani (MAP)Le mois sacré de Ramadan, connu comme une période où les dépenses de consommation montent en flèche, se caractérise cette année par un changement du comportement du consommateur marocain qui cède de moins en moins à la tentation d’achat.Un changementd’habitudes dû, d’une part, à l’impact économique de la crise du nouveaucoronavirus (covid-19) qui continue à peser sur le pouvoir d’achat de nombre deménages, lesquels ont vu leur

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Ramadan/Covid-19

Par Karima El Otmani (MAP)

Le mois sacré de Ramadan, connu comme une période où les dépenses de consommation montent en flèche, se caractérise cette année par un changement du comportement du consommateur marocain qui cède de moins en moins à la tentation d’achat.

Un changementd’habitudes dû, d’une part, à l’impact économique de la crise du nouveaucoronavirus (covid-19) qui continue à peser sur le pouvoir d’achat de nombre deménages, lesquels ont vu leur budget s’orienter à la baisse, et d’autre part, àl’absence de tout rassemblement au tour d’une seule table de Ftour que ce soitentre familles ou amis.

Situationsanitaire l’oblige, le gouvernement a instauré un couvre-feu nocturne àl’échelle nationale de 20H00 à 06H00 et ce, sur la base des recommandations dela Commission scientifique et technique au sujet de la nécessité de poursuivrela mise en œuvre des mesures nécessaires visant à lutter contre la propagationdu covid-19, essentiellement avec l’apparition de nouveaux variants.

«La pandémie ducovid-19, qui a entraîné le confinement généralisé au Maroc, a fortementimpacté les revenus des ménages», a noté Mountacir Zian, Directeur général etfondateur de la Compagnie méditerranéenne d’analyse et d’intelligencestratégique (CMAIS), rappelant que d’après les chiffres du Haut-Commissariat auPlan (HCP), 55% des ménages ont réduit leurs dépenses alimentaires en mai 2020qui correspondait à la période du Ramadan, laquelle a été aussi marquée par uncouvre-feu nocturne.

«Il semble quesur le court terme la nouvelle conjoncture a conduit les ménages à revoir leurmode de consommation. Mais il est encore tôt pour parler d’une tendance defonds qui se généralisera sur la durée», a-t-il fait valoir, estimant que lacampagne de vaccination anti-covid opérée par le Maroc devrait permettre derelancer la consommation des ménages et conduire à un retour de la confiance.

Côté offre, M.Zian a indiqué que les producteurs assurent que l’offre est stable pour le moisde Ramadan de cette année, notant que la production locale devrait couvrir unepartie importante de la demande.

Le DG de CMAISa, estimé que les ménages commencent à réaliser des arbitrages. Ce sont lesdépenses non alimentaires, comme l’enseignement, le loisir et l’habillement,qui sont réduites en ce mois sacré, tandis que celles du transport et de lacommunication poursuivent une tendance haussière, a noté M. Zian.

«Il faudraprévoir durant ce mois de Ramadan une hausse importante des coûts decommunication du fait du couvre-feu mis en place», a fait savoir M. Zian.Force estde constater que ces nouvelles habitudes de rationalisation de la consommation,bien qu’elles interviennent dans ce contexte difficile, se veulent bénéfiquespour réduire le gaspillage alimentaire qui, à chaque Ramadan, enregistre demalheureux records.

Une consommation moins impulsive qui tend vers le rationnel!