Congo : les proches d’Alexandre Dzabana s’inquiètent

Dr Alexandre Ibacka Dzabana est le coordonnateur de la Plateforme congolaise des ONG des droits humains. © DW/A. Séverin Dr Alexandre Ibacka Dzabana est le coordonnateur de la Plateforme congolaise des ONG des droits humains.

Alors que le parti au pouvoir savoure la victoire dès le premier tour du président Denis Sassou Nguesso, la famille d’Alexandre Ibacka Dzabana s’inquiète pour sa santé.

Le militant congolais des droits de l'homme a été arrêté le 11 mars dernier à son domicile.

Depuis 14 jours, ni son avocat, ni sa famille n'ont eu de nouvelle du militant des droits de l’homme connu pour ses critiques contre le pouvoir.

Alexandre Ibacka Dzabana serait détenu à la Centrale d'intelligence et de documentation, l'ancienne Direction générale de la surveillance du territoire.

Une situation "extrêmement préoccupante" pour l'Observatoire congolais des droits de l'homme. "Nous avons engagé un avocat, nous sommes en train de multiplier les actions de plaidoyer pour rappeler aux autorités congolaises la nécessité de respecter les droits fondamentaux", explique Trésor Nzila, directeur exécutif de l'Observatoire congolais des droits de l'homme.

Il espère que "la situation sera très vite normalisée. Parce qu’il s’agit d’une violation flagrante des droits de l’homme. En droit congolais, la garde à vue a un délai maximum de cinq jours or il a été arrêté depuis le 11 mars et nous sommes dans une situation qu’on peut qualifier d’arbitraire."

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Joint par la DW, le ministre de l'enseignement primaire, secondaire et de l'alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, par ailleurs porte-parole du président Denis Sassou-Nguesso, explique que les motifs de l’arrestation d’Alexandre Ibacka Dzabana n’ont rien à voir avec ses activités de défenseur des droits de l'homme.

En effet, officiellement les autorités de Brazzaville accusent Alexandre Ibacka d’avoir tenté de "déstabiliser les institutions pendant le processus électoral en cours". Un acte relevant donc du droit commun.

D'autres détentions arbitraires

L’arrestation et la détention provisoire d’Alexandre Ibacka Dzabana est aussi l’occasion pour les organisations de défense des droits de l’homme de revenir sur la détention d'autres prisonniers du régime comme Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa ou encore celle du journaliste Raymond Malonga, directeur de publication de l'hebdomadaire satirique Sel-Piment.

Des détentions arbitraires que dénoncent le directeur de l'Observatoire congolais des droits de l'homme. Pourtant, Anatole Collinet Makosso prend ses distances vis-à-vis de ceux qui réclament la libération des prisonniers politiques.

"Quand un citoyen congolais a été jugé et condamné à la suite d'un procès équitable et qu'il est en train de purger sa peine, il ne lui reste qu’une chose à rechercher : une remise de peine ou une amnistie. Alors, ceux qui prétendent défendre la cause de Jean-Marie Michel Mokoko, d’André Okombi Salissa et autres en faisant croire qu'ils sont arbitrairement détenus ou condamnés de force, ne leur rendent pas service", conclu le porte-parole du président Denis Sassou-Nguesso.

Une pétition…

Quant à la fille d’Alexandre Ibacka Dzabana, Anouch Ibacka, elle s’inquiète pour l'état de santé de son père, âgé de 77 ans, car celui-ci souffre d'hypertension.

Depuis Berlin où elle réside, elle a lancé une pétition qu’elle compte remettre à l'ambassade du Congo en Allemagne.

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