Comores : Retour sur une qualification historique

El Fardou Ben Nabouhane est le meilleur buteur de la sélection comorienne © Panoramic El Fardou Ben Nabouhane est le meilleur buteur de la sélection comorienne

Coincé dans les eaux chaudes du canal du Mozambique, l’archipel des Comores ne compte qu’un peu plus de 800 000 habitants pourtant c’est avec le costume de qualifié pour la prochaine CAN que se déplacent les Cœlacanthes au Caire ce lundi (18h). En devançant le Kenya et le Togo de cinq et sept longueurs, les hommes d’Amir Abdou ont d’ores et déjà validé leur ticket pour la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Un exploit quand on sait que la FIFA ne reconnaît son équipe nationale que depuis 2005. Elle ne participe à ses premières éliminatoires pour la CAN qu’en 2010, mais insiste depuis pour se faire une place dans le paysage footballistique africain. En place depuis 2014, Amir Abdou s’appuie essentiellement sur des joueurs évoluant dans des championnats européens de seconde zone.

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«On est qualifiés, la fierté que je ressens pour mon pays est indescriptible», lançait le sélectionneur des Comores après le nul obtenu face au Togo (0-0), synonyme de qualification pour la prochaine CAN. «Ça a été beaucoup, beaucoup de travail pendant des années avec le staff. C’est énormément d’acharnement, de pugnacité. On n’a rien lâché», expliquait celui qui partage son temps entre la sélection et le club mauritanien du FC Nouadhibou. Avec un football local «toujours à la recherche de son développement», les Comores ont donc dû s’appuyer sur les binationaux et le gros vivier de joueurs d’origine comorienne évoluant en France.

Une sélection à l’accent français

Avec 150 000 individus sur le sol français, la sélection nationale profite de ces binationaux pour aligner une équipe compétitive. Sur les 23 joueurs qui composent le groupe, 22 ont effectué leurs débuts en France. «Il y a une grosse communauté de Comoriens en France et on a beaucoup de jeunes dans des centres de formation qui sont en train d’émerger», promet le sélectionneur. Pourtant, aucun joueur comorien n’évolue dans l’un des cinq grands championnats européens. Si Kassim Abdallah et Ali Ahamada ont foulé les pelouses de Ligue 1 avec l’OM et le Toulouse FC, la star comorienne, El Fardou Ben Nabouhane, évolue aujourd’hui sous les couleurs de l’Étoile Rouge de Belgrade. Pas des noms ronflants donc, mais une formation assez compétitive pour se frayer un chemin vers la plus prestigieuse des compétitions africaines.

Cette première qualification pour une compétition internationale pourrait avoir comme effet d’accélérer le processus de développement du football dans cet archipel composé de trois îles. «Dès qu’on atterrit dans le pays, c’est la folie. Le pays fait la fête et on réalise à quel point la sélection est importante pour le peuple comorien», assure Amir Abdou. Symbole d’un pays qui vibre pour sa sélection, Abdou se rappelle l’envahissement du terrain par les 13 000 supporters présents dans le stade Iconi-Malouzini au terme d’un match nul (0-0) face aux Pharaons égyptiens. Preuve que ce petit pays coincé entre le continent et Madagascar revient de loin et compte désormais sur ses héros pour vibrer et ainsi tenter d’oublier, le temps d’une compétition, les difficultés économiques et sociales qu’il

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