Attaque sur un centre nucléaire : l’Iran accuse Israël et crie "vengeance"

L’Iran a accusé Israël d’avoir mis au point l’attaque contre son usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, où le courant a été coupé, et promet de se venger.

© Raheb Homavandi / Reuters

Un appel à la «vengeance» alors que les négociations reprennent. Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a accusé Israël d’avoir mis au point l’attaque qui a privé d’électricité dimanche l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz : «Avec cette action, le régime sioniste a bien sûr essayé de se venger du peuple iranien pour la patience et la sagesse dont il a fait preuve (en attendant) la levée des sanctions», a déclaré Saïd Khatibzadeh, cité par l'AFP. «Il faut inspecter chacune des centrifugeuses pour donner un bilan des dégâts», a-t-il précisé, qualifiant l’événement de «terrorisme». «Faites savoir à tout le monde qu’elles seront assurément remplacées par des machines plus avancées», a-t-il ajouté, promettant que «la réponse de l’Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l’endroit opportun».

Il fait le lien entre cette attaque sur le centre nucléaire et les discussions en cours qui pourraient mener à un retour des Etats-Unis dans l’accord de Vienne, signé en 2015, ce qui permettrait de lever les sanctions rétablies contre l’Iran par l’administration Trump. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a «insisté sur la nécessité de ne pas tomber dans le piège tendu par les sionistes» : «Mais nous ne permettrons pas (qu’Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions», a-t-il déclaré au Parlement, selon l’agence de presse officielle Irna.

Une explosion mystérieuse en juillet

Dès que Donald Trump a unilatéralement retiré les Etats-Unis de l’accord de Vienne, fustigeant ce traité signé par son prédécesseur Barack Obama, il a restauré les sanctions économiques à l’égard de l’Iran, qui a riposté en s’affranchissant des limites de ses activités nucléaires prévues par le texte, tout en répétant qu’elles étaient «pacifiques» et ne visaient pas à la construction d’une bombe atomique.

Dimanche, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique Ali-Akbar Saléhi avit dénoncé un «terrorisme antinucléaire» et «souligné la nécessité pour la communauté internationale et l’Agence internationale de l’énergie atomique d’(y) faire face». Un écho à un premier «sabotage» d’origine «terroriste» survenu en juillet dernier, lorsque l’usine d’assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une explosion mystérieuse.

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