Tchad : un mardi sous très haute tension à N'Djamena

On en a marre, marre, marre de la dynastie monarchique au Tchad", a lancé une manifestante dans un rassemblement à N'Djamena.

Tchad © AFP Tchad

Sur ces images tournées en début de matinée, ce mardi, dans la Capitale N'Djamena, de jeunes tchadiens en colère, sortis, à l'appel a de la Coordination des actions citoyennes.

Les manifestants ont brûlé des pneus et des drapeaux de la France, en signe de contestation au pouvoir en place, le conseil militaire de la Transition et le soutien de la France à la junte. Les manifestations ont plusieurs morts, certains axes tels que la route nationale menant au sud du pays, et des rues de Gassi dans le septième arrondissement, ont été barricadés par des jeunes. Plusieurs manifestants ont déclaré avoir échappé aux balles réelles tirées par la police. Des détonations de grenades lacrymogènes résonnaient ça et là.

Comme le faisait systématiquement son père le maréchal Déby, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant trois décennies, Mahamat Idriss Déby, qui a pris la tête d'un Conseil militaire de Transition (CMT), avait interdit les manifestations de mardi. L'opposition et la société civile dénoncent un coup d'Etat institutionnel et une succession dynastique au pouvoir avaient appelé à ces rassemblements.

Le président de la transition, le général Mahamat Déby tente d'apaiser les tensions, dans son adresse à la télévision nationale, il promet un dialogue inclusif et la mise en place d’un Conseil National de Transition qui représentera toutes les provinces et toutes les forces vives tchadiennes. Pour ce qui est de la passation du pouvoir aux civils, un Premier ministre Pahimi Padacket Albert a été nommé, l’objectif du processus a rassuré le général KAKA est de permettre d’organiser des élections démocratiques, libres et transparentes dans les meilleurs délais. La démocratie et la liberté introduites au Tchad en 1990 sont et resteront des valeurs irréversibles .

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