Simon Kimbangu fut combattu pour ses idées religieuses et culturelles, selon le chef spirituel adjoint du Kimbanguisme

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Kinshasa, 08 avril 2021 (ACP).- Simon Kimbangu fut combattu pour ses idées religieuses et culturelles qu’aucune puissance coloniale ne pouvait accepter du fait qu’elles portaient les germes de la destruction du système de domination étrangère, a indiqué le chef spirituel adjoint et petit-fils du Simon Kimbangu, Salomon Dialungana King, au cours d’un culte mardi, à Monkoto, dans la commune de Ngiri-Ngiri, à Kinshasa, à l’occasion de la commémoration du centenaire du Kimbanguisme.

«C’est Simon Kimbangu qui, le premier dans notre pays, fit prendre conscience aux Congolais, qu’ils vivaient sous domination étrangère», a-t-il affirmé, en se référant à la littérature coloniale et à des milliers d’ouvrages consacrés à Simon Kimbangu.

Son discours affirmait que l’indépendance politique était la première des libertés que tout peuple se devait d’arracher s’il tenait à être traité par les autres sur pied d’égalité.

C’est une fois libéré de l’asservissement et de la domination politique étrangère, a-t-il ajouté, qu’un peuple devient capable de s’organiser en vue de la conquête d’autres formes de libertés.

«Un peuple n’engage de bataille politique et économique qu’après qu’il ait pris conscience de l’état de subjugation dans lequel on le maintient», a-t-il soutenu.

En chrétien convaincu, a-t-il poursuivi, Simon Kimbangu avait toujours cru aux relations d’amour fraternel entre les races du monde. S’il était opposé aux Belges, ce n’était point parce que ceux-ci étaient des Blancs, mais bien parce qu’ils étaient des dominateurs.

«Le Kimbanguisme réclamait, d’une façon plus passionnée et plus inspirée, pour les colonisés, la libération de la domination étrangère et le droit d’être maîtres sur la terre de leurs ancêtres», a-t-il dit citant un chercheur non kimbanguiste , Damasco Feci.

Brève notes Biographie de Simon Kimbangu

Simon Kimbangu est le 12 septembre 1887 à Nkamba dans la province de Kongo Central de père Kuyele et de la mère Luezi, tous décédés quelques temps après sa naissance. Il fut élevé par sa tante maternelle Kinzembo.

Il recevra une solide éducation chrétienne à la mission protestante de Gombe-Lutete chez las Baptistes britanniques. Il fut baptisé le 04 juillet 1915 et épousa le même jour sa femme Muilu Marie. A cause d’une profonde connaissance de la bible, il sera nommé catéchiste de la contrée de Nkamba.

Il resta baptiste jusqu’à sa mort. De son mariage naîtront trois fils : Kisolokele Lukelo, Dialungana Kiangani et Diangenda Kuntima.

Naissance de Kimbanguisme

Le 6 avril 1921, au village Nkamba, il guérit par la prière, Nkiantondo, une jeune femme dans un coma de plusieurs jours. Ce fut cette guérison miraculeuse qui signa la naissance du Kimbanguisme.

En effet, des foules accouraient vers lui qui, pour l’écouter et se convertir au christianisme, qui pour recevoir bénédiction et guérison.

Le 7 mai 1921, il y eu des collaborateurs aux fins de l’aider dans son ministère. Il sera aidé dans son ministère par un certain nombre des collaborateurs notamment, Emile Zola, Jean Mukoko, Michael Mandombe, Thérèse Mbonga, Pierre Ndangi, André Mbaki et Thomas Ntualani. Leur mouvement d’évangélisation prendra de tellement de l’ampleur au Congo belge et au nord de l’Angola qu’il sera interdit par la colonie.

Le clergé colonial, les opérateurs économiques et la presse belge, le mouvement évangélique de Kimbangu et ses compagnons constitue une menace pour la colonie étant donné qu’ils prêchaient l’oppression politique, religieuse et économique de la part des colons contre les noirs.

Dès le 12 août 1921, l’autorité coloniale décida de contrer l’action évangélique de Simon Kimbangu.

Le 3 octobre 1921, il comparu devant le Conseil de guerre de Mbanza-Ngungu, qui prononça contre lui, la sentence de mort. Les affres de la répression coloniale firent de 1921 à 1957, date des dernières déportations. Plus de 150.000 déportés kimbanguistes dont Simon Kimbangu lui-même qui mourra le 12 octobre 1951, après 30 ans de détention à la prison de la Kasapa, à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.

Simon Kimbangu est décédé le 12 octobre 1951, c’est-à-dire 9 ans avant la consécration du kimbanguisme en tant que religion chrétienne.

Aujourd’hui, le Kimbanguisme est devenu une religion chrétienne, forte de plus de 17 millions de fidèles dans le monde. ACP /Kayu/AWa

Simon Kimbangu fut combattu pour ses idées religieuses et culturelles, selon le chef spirituel adjoint du Kimbanguisme