Birmanie: un nageur renommé refuse de représenter son pays aux JO de Tokyo

Le logo des JO japonais trône à l'entrée du Musée olympique de Tokyo, le 24 mars 2020 © Kazuhiro NOGI AFP/Archives Le logo des JO japonais trône à l'entrée du Musée olympique de Tokyo, le 24 mars 2020

Les Jeux olympiques de Tokyo au Japon doivent commencer dans trois mois, mais un nageur de Birmanie refuse d'ores et déjà de s'y rendre. Début avril, l'athlète birman Win Htet Oo, qui s'entraine depuis quatre ans en Australie, a expliqué sur sa page Facebook qu'il refusait de représenter le gouvernement militaire au pouvoir.

Win Htet Oo a un rêve depuis qu'il a commencé à nager : participer aux JO sous les couleurs de son pays. Mais en mars dernier, la mort d'une jeune birmane de 19 ans l'a fait changer d'avis.

« Après le coup d'État, elle manifestait tous les jours dans les rues de Mandalay et elle a été tuée pour ça, explique-t-il. Et je crois qu'il est inconcevable que le comité olympique birman qui doit porter les valeurs olympiques soit associé à une armée qui tue des personnes comme Ma Tial Sin, qui à mes yeux incarne parfaitement ces valeurs. » 

Alors quand le CIO l'informe que la Birmanie va envoyer des athlètes à Tokyo, Win Htet Oo refuse d'en faire partie, et demande à l'instance internationale de suspendre le comité olympique birman, mais le CIO invoque sa neutralité. Ce que ne comprend pas Win Htet Oo :

« Je ne crois pas que le CIO ait vraiment enquêté sur ce qui se passe en Birmanie, dit-il. Des athlètes birmans subissent des pressions pour soutenir les militaires, où au moins pour se taire. J'ai peur de ce que peut faire l'armée à ma famille en Birmanie, mais je pense que c'est mon devoir de dénoncer l'armée, car j'ai la chance de m'entrainer à l'étranger. »

Win Htet Oo espère que le comité olympique suspendra l'antenne Birmane, seule condition pour qu'il puisse participer aux JO, en tant qu'athlète indépendant.

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