Madagascar: une exposition sur le travail des petits pêcheurs pour la biodiversité

Ce 25 mars, une centaine de collégiens ont pu prendre conscience, à travers les photos exposées, des batailles livrées par les petits pêcheurs des côtes malgaches pour la préservation de leurs ressources. © Sarah Tétaud/RFI Ce 25 mars, une centaine de collégiens ont pu prendre conscience, à travers les photos exposées, des batailles livrées par les petits pêcheurs des côtes malgaches pour la préservation de leurs ressources.

À Antananarivo, au milieu des jardins du Musée de la photo, une exposition conduite par l’ONG Blue Ventures est dédiée aux pêcheurs traditionnels. L’occasion de faire connaître aux habitants des Hautes-Terres, le rôle de ces acteurs essentiels dans la conservation des ressources marines. Face à la raréfaction des ressources marines, les petits pêcheurs malgaches se sont organisés depuis une quinzaine d’année pour gérer plus durablement leurs ressources.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

« Qui parmi vous a déjà vu la mer ? », lance la guide. Sur la centaine de jeunes visiteurs, des collégiens d’un établissement de la capitale, ils sont moins d’une vingtaine à s’être déjà rendus sur les côtes.

Miadamanana, 15 ans, est l’une de ces chanceuses : « Oui, moi, je suis allée une fois voir la mer. C’était à Majunga. Mais j’ignorais totalement qu’il y avait un problème de manque de poissons… et à quel point les méthodes de pêche employées par les petits pêcheurs étaient rudimentaires ».

Autogestion des petits pêcheurs

Sur place, Lalao Aigrette, conseillère nationale technique du programme de Conservation de mangroves à Blue Ventures, explique aux collégiens comment les pêcheurs, qui gèrent eux-mêmes désormais 20 % des côtes, contribuent à leur échelle à limiter la catastrophe.

« Sur le terrain, c’est que les pêcheurs ont mis en place des endroits où la pêche et la coupe de mangroves sont interdites totalement. Pour d’autres zones, ils mettent en place une fermeture temporaire de pêche pour laisser les poissons grossir et se reproduire. Ils organisent aussi une surveillance communautaire pour s’assurer qu’aucun d’entre eux n’utilise des matériels de pêche destructeurs. Finalement la situation est grave, à cause des dérèglements climatiques et de la surpêche, mais les initiatives communautaires, ça marche ! Mieux que quand c’est imposé par l’extérieur [les autorités, les ONG, etc. ndlr]»

Toutefois, pour un impact plus grand, les entreprises de produits de la mer et les autorités, en particulier les responsables de la surveillance de la pêche illégale, ont évidemment un grand rôle à jouer.

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