RDC: confusion au sein de Lamuka qui compte désormais «deux coordonnateurs»

Les leaders de la coalition d'opposition Lamuka lors d'une conférence de presse à Bruxelles, en mars 2019. © NICOLAS MAETERLINCK / Belga / AFP Les leaders de la coalition d'opposition Lamuka lors d'une conférence de presse à Bruxelles, en mars 2019.

En République démocratique du Congo (RDC), c’est l’imbroglio lors des dernières élections au sein de Lamuka, principale plateforme de l’opposition. Désormais, deux membres fondateurs se revendiquent comme « coordonnateurs ».

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

En coalition avec le président Félix Tshisekedi depuis fin 2020, Moïse Katumbi a déclaré prendre, samedi 10 avril, la tête de Lamuka, une coalition que dirigeait Martin Fayulu resté opposant à Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.  Ce dernier a installé son allié, l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito, à la tête de la plateforme pour les trois prochains mois.

Cette confusion fragilise un peu plus la plateforme qui revendiquait sa victoire aux dernières élections alors que le pays traverse une période cruciale dans la préparation des scrutins de 2023. 

Plus d'entente

Les deux camps ne s’entendaient plus, depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, prônait une opposition républicaine et une participation aux institutions,  s’éloignant chaque jour un peu plus de Martin Fayulu et Adolphe Muzito. Pendant six mois, les quatre membres fondateurs de Lamuka ne s’étaient plus réunis formellement.

La rupture a été consommée, fin 2020, quand Moïse Katumbi et l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba se sont engagés aux côtés de Félix Tshisekedi pour évincer les pro-Kabila de la tête des institutions, avant de rejoindre sa nouvelle coalition, l’Union sacrée.

Pour Martin Fayulu, c’est le pas de trop. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba étant formellement alliés au président, ils se sont auto-exclus de Lamuka. Leurs partis devraient faire leur entrée dans le nouveau gouvernement mais pour Moise Katumbi, il est hors de question de renoncer à Lamuka.

Il a annoncé, dans un communiqué, samedi, prendre « automatiquement » la tête de cette coalition dans le cadre de la coordination tournante en cette fin de mandat de Martin Fayulu.

Lamuka n’est pas « un fait privé de Martin Fayulu »

Salomon Kalonda, conseiller principal de Katumbi, estime que cette tradition respecte l’ordre jusqu’ici établi.  A RFI, il explique que Lamuka n’est pas « un fait privé de Martin Fayulu » et qu’aucun texte ne range cette plateforme, du reste électorale, ni dans l’opposition, moins encore dans le camp au pouvoir.

Lamuka a donc désormais deux coordonnateurs puisque l’ancien Premier ministre, Adolphe Muzito, a également repris la coalition des mains de son allié Martin Fayulu.  Les deux ont promis de présenter une réforme de la loi sur l'identification et l'enrôlement des électeurs et préparent aussi un projet de calendrier pour des élections en 2023.

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