La pollution de l'air extérieur augmenterait la morbidité dans le Grand Casablanca

© Fournis par Yabiladi

La pollution de l'air extérieur par NO2, SO2, O3 et PM10, déjà alarmante dans le Grand Casablanca, augmente le nombre de visites aux urgences dues à des maladies respiratoires tout comme la morbidité chez les enfants et les adultes de cette région, selon une nouvelle étude de chercheurs marocains.

Dans le Grand Casablanca, cœur économique du royaume et sa région la plus peuplée, la pollution de l'air extérieur augmenterait les consultations pour maladies respiratoires et de visites aux urgences, selon une nouvelle étude. Elaborée par une dizaine de chercheurs de différents laboratoires marocains et publiée la semaine dernière dans la revue AIMS Public Health, elle s’est concentrée sur l'association des concentrations journalières des polluants O3, NO2, SO2 et PM10 et le nombre quotidien de consultations pour maladies respiratoires et de visites aux urgences pour maladies respiratoires et cardiaques.

Les chercheurs ont ainsi évalué à court terme l'effet de la pollution de l'air sur la morbidité de la population du Grand Casablanca, formé par les préfectures de Casablanca et de Mohammedia ainsi que les provinces de Nouaceur et de Médiouna. Au cours de la période étudiée, les concentrations moyennes quotidiennes de SO2, NO2, O3 et PM10 dans le Grand Casablanca ont été respectivement de 209,4 μg/m3, 61 μg/m3, 113,2 μg/m3 et 75,1 μg/m3. A titre de comparaison, les normes nationales marocaines de qualité de l'air ambiant évoquent des valeurs limites de 125 μg/m3 pour le SO2, 50 μg/m3 pour le NO2, 110 μg/m3 pour l'O3 et 50 μg/m3 pour PM10.

Les chercheurs ont constaté que chez les enfants de moins de 5 ans, le risque d'asthme pourrait être augmenté jusqu'à 12% par augmentation de 10 µg/m3 de ces polluants atmosphériques, tandis que chez les enfants de plus de 5 ans et les adultes, une augmentation similaire peut entraîner une hausse de 3% des consultations respiratoires et de 4% pour les infections respiratoires aiguës.

Réduire les facteurs de risques et améliorer la qualité de l'air

Les résultats suggèrent aussi un «impact non négligeable sur la morbidité de la pollution de l'air extérieur par NO2, SO2, O3 et PM10», tandis que le nombre de visites aux urgences dues à des maladies respiratoires semble lié à l’augmentation des polluants atmosphériques.

L’étude rappelle aussi qu’à la lumière de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), plusieurs études épidémiologiques et expérimentales suggèrent une relation entre la pollution de l'air et le Covid-19, en affirmant que «la pollution atmosphérique pourrait jouer un rôle dans la morbidité et la mortalité liées» au SARS-CoV-2.

Pour les 11 auteurs de cette étude, «une réduction du niveau des facteurs de risque peut apporter un grand bénéfice pour la santé de la population du Grand Casablanca». «Une réflexion sur les possibilités de développer des actions réalisables est nécessaire pour adopter les objectifs de l'OMS les plus stricts. Les décideurs devraient donner la priorité au développement et à la mise en œuvre d'interventions afin d'améliorer la surveillance de la qualité de l'air ambiant au niveau local et sensibiliser et éduquer les citoyens quant à l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé», plaident-ils.

«Améliorer la qualité de l’air améliorerait la qualité de vie sanitaire des populations, réduirait l’absentéisme, augmenterait la productivité du travail et réduirait les problèmes de santé publique.»

La pollution de l'air extérieur augmenterait la morbidité dans le Grand Casablanca