Nomad #2 - Tafouralt : La grotte des Pigeons, mine d’or pour les archéologues

© Fournis par Yabiladi

La semaine dernière, Yabiladi lançait une série d'articles sur les monuments naturels qui pullulent au Maroc. La nature fait parfois des merveilles ; après les grottes d'Hercules, nous partons vers l'est pour découvrir la grotte des Pigeons (ou grotte de Tafouralt) dans la province de Berkane. Immersion. 

Les amateurs de tourisme de montagne apprécieront très certainement les monts des Beni Snassen, la vallée de Zegzel, son oued éponyme et le fameux village de Tafouralt. A seulement 2 kilomètres à l'est de ce village rustique, se trouve la grotte des Pigeons avec sa galerie de 55 mètres de profondeur, et une entrée en forme d'arche. Elle tire son appelation par la présence de nombreux pigeons qui s’y réfugient.

La grotte des Pigeons est désormais un site classé à l’échelle nationale. Il est même en lice pour intégrer le patrimoine mondial de l’UNESCO, le dossier ayant été déposé en juillet 1995. 

© Fournis par Yabiladi

Des objets de 82 500 ans

Pour les férus d’archéologie, le site est une véritable mine d’or témoignant de l’histoire de l’humanité. La grotte a été signalée pour la première fois en 1908. Selon l’association «Nature et Patrimoine», elle a livré 180 squelettes d’hommes préhistoriques et de nombreux outils lithiques variés.

L’Institut national des sciences archéologiques et du patrimoine (INSAP), accompagné d’une équipe maroco-anglaise, y a effectué des fouilles à partir de 2003. En 2007, l’équipe menée par Abdeljalil Bouzougar, enseignant-chercheur à l’INSAP, a découvert des objets de parure qui figurent parmi les plus anciens au monde. Différentes méthodes de datation ont été utilisées, et le résultat est sans appel : ces objets ont environ 82 500 ans d’âge. Ces recherches ont permis de confirmer «l’importance de la grotte des Pigeons au niveau international», avait confié Mohamed Boutchich, président de «Nature et Patrimoine», à Yabiladi. Les parures font de la grotte des Pigeons un passage naturel pour une meilleure compréhension de l’humanité.

Des squelettes ont également été exhumés de la nécropole dans la grotte. L’un d’entre eux présentait des traces de trépanation, considérée comme l’opération chirurgicale la plus ancienne au monde, selon les spécialistes. Les radiographies ont mis en lumière un processus de cicatrisation, ce qui indique que le patient avait survécu à l’opération.

La grotte des Pigeons lors d'une fouille archéologique / Archive - DR

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