Salvador : Allié du Maroc, le président Bukule concentre entre ses mains les trois pouvoirs

© Fournis par Yabiladi

Au Salvador, le jeune président Nayib Bukule, 39 ans, est accusé par l’opposition et des organisations de défense des droits de l’Homme de mener un «coup d’Etat». En cause, la révocation des juges de la Cour constitutionnel et du procureur général par les députés lors d’une opération de vote survenu le 1er mai, offrant ainsi au chef de l’Etat l'occasion de concentrer entre ses mains tous les pouvoirs : législatif, son parti Nouvelle idées détenant la majorité à l’Assemblée, exécutif et judiciaire.

Cette destitution est la première décision prise par le nouveau parlement, par 64 voix sur un total de 84 sièges, après les élections législatives du 28 février. Une victoire qui a permis à Bukule d'avoir les coudées franches, sachant que durant deux années, il a dû composer avec la formation la Grande alliance pour l’unité nationale au Parlement. Pour mémoire, il s’est présenté aux élections présidentielles de 2019 sous les couleurs de ce parti. «Les magistrats actuels de la Cour constitutionnelle ont agi contre la constitution, faisant passer des intérêts particuliers avant la santé et la vie de toute la population», ont expliqué les parlementaires.

Une dérive qu’Antonio Guterres, désapprouve. Le secrétaire général de l’ONU, cité par un communiqué de Stéphane Dujarric publié lundi, a ainsi appelé «au respect des dispositions constitutionnelles, de l'Etat de droit et du partage des pouvoirs, afin de préserver les progrès démocratiques réalisés par le peuple salvadorien depuis la signature de l'accord de paix de 1992». Même son de cloche auprès de l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA). 

Le jeune président est aux commandes du Salvador depuis le 1er juin 2019. Deux semaines après la cérémonie de prestation du serment à laquelle avait pris Brahim Ghali et Saadeddine El Othmani, il rompt les relations de son pays avec la «RASD», amorçant une proximité avec le Maroc. En décembre de la même année, la ministre des Affaires étrangères, Hill Tinoco effectuait une visite à Rabat. Un déplacement marqué par l’engagement du royaume à accorder «un soutien technique et financier pour développer une coopération sectorielle qui couvre plusieurs domaines d’intérêt commun énoncés dans la Lettre d’intention pour la coopération quadriennale entre la République du Salvador et le Royaume du Maroc», indiquait alors le département Nasser Bourita dans un communiqué.

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