Tchad: les défis qui attendent Mahamat Idriss Déby à la tête de la transition

Le général Mahamat Idriss Déby, président du Conseil militaire de transition et fils du défunt président Idriss Déby Itno lors des funérailles de son père, le 23 avril 2021. © AFP - CHRISTOPHE PETIT TESSON Le général Mahamat Idriss Déby, président du Conseil militaire de transition et fils du défunt président Idriss Déby Itno lors des funérailles de son père, le 23 avril 2021.

Mahamat Idriss Déby, le président du Conseil militaire de transition, est jeune mais déjà général d'armées et depuis à peine une semaine à la tête de l'exécutif tchadien, suite au décès du président Idriss Déby Itno. Les défis qui se présentent à ce jeune chef d'Etat sont immenses. A commencer par assurer la sécurité du pays, dans un contexte de contestation de sa légitimité et dans l'attente de l'avènement d'un nouveau pouvoir civil dans un délai projeté de 18 mois.

Il n'y aura de toute évidence pas d'état de grâce pour Mahamat Idriss Déby. Le jeune général d'armée de 37 ans, chef de la junte qui vient de s'installer à la tête de l'exécutif tchadien est déjà sur les braises. Pourra-t-il tenir l'engagement d'une transition apaisée au bout de 18 mois ?

Une partie de l'opposition et de la société civile en doute et n'entend pas relâcher la pression autour de ce qu'elle considère comme une forfaiture, un coup de force qui a mis toutes les institutions du pays entre parenthèses. Ainsi l'avocat Max Loalngar, à la tête d'une coalition de partis de l'opposition et de la société civile annonce pour à compte de mardi des manifestations dans les rues de la capitale Ndjamena.

Le président du CMT, le Conseil militaire de transition, pourra-t-il au moins fédérer toutes les composantes de l'armée sous son autorité ? Là encore des doutes subsistent. L'opposant Poddi Djime Bichara pense ainsi que la fronde couve dans les casernes. Et ce qui est mis en cause ici est la composition même de ce CMT, dont affirme-t-il, deux tiers des membres sont issus de la même région, celle du clan Déby au pouvoir.

Aura-t-il par ailleurs l'autorité suffisante pour engager l'armée sur différents fronts à l'intérieur et à l'extérieur du pays comme le faisait son père ? interroge l'ONG International Crisis Group dans une récente note d'informations. Rien n'est moins sûr. 

Au moins pourra-t-il déjà se réjouir de la bienveillance et d'une certaine forme d'adoubement dont ont fait montre des chefs d'Etat et de gouvernement à son égard lors des obsèques de son père, souligne un observateur de la scène politique tchadienne.

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