Bénin – Joël Aïvo : « La confrontation est voulue par Patrice Talon »

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Candidat de l'opposition, recalé du processus électoral, l'expert en droit constitutionnel, et désormais acteur politique, Frédéric Joël Aïvo ne décolère pas. Ce natif de Porto Novo, issu d'une famille nombreuse de 17 enfants, a pour lui une longue carrière d'universitaire, menée entre le Bénin, l'Afrique de l'Ouest et la France, où il a passé près d'une dizaine d'années entre Grenoble et Lyon. Doyen de la faculté de droit et de sciences politiques de l'université d'Abomey-Calavi entre 2016 et 2019, il a, durant ce mandat, participé aux réflexions autour de la révision de la Constitution proposée par le président Talon. Il a ensuite pris ses distances face à ce qu'il a qualifié de dérives. Après ce constat, cet homme qui nous reçoit dans un bureau sobre de la capitale économique, Cotonou, a sillonné tout le pays pour prendre le pouls des Béninois avec une idée en tête : concrétiser son rêve présidentiel. Au sein du Front pour la restauration de la démocratie qu'il a fondé, on retrouve la formation Les Démocrates de l'ex-président Thomas Boni Yayi. À l'issue du bras de fer qui a opposé son regroupement avec le camp au pouvoir, Joël Aïvo se dit plus confiant que jamais pour restaurer l'État de droit, l'équité et la justice dans ce pays, ébranlé jusque dans ses fondements. Il s'est confié au Point Afrique.

Le Point Afrique : Le climat électoral s'est tendu ces jours-ci. La confrontation est-elle nécessaire ?

Frédéric Joël Aïvo : La confrontation n'est pas nécessaire, mais la confrontation est voulue par Patrice Talon. Il est le seul responsable du raidissement de la vie politique et presque de l'ensauvagement de certains acteurs politiques béninois. Le président Talon l'a voulu ainsi par les réformes qu'il a engagées en mettant de côté le compromis, le consensus et l'héritage qui fédère l'ensemble des Béninois. Il a décidé d'imposer un dispositif législatif et institutionnel compatible avec ses intérêts personnels.

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N'est-il pas trop tard pour réclamer au pouvoir des concessions alors que l'élection se tient dans quelques heures ?

Madame, ce n'est pas une présidentielle. Ce n'est pas une élection. C'est une primaire entre le président et quelques alliés. Nous sommes dans un vrai fake ! Les candidats sont faux. Le discours est faux. Tout est faux. Tout l'écosystème est faux et le gouvernement l'entretient. Mais ça n'a rien à voir avec la réalité. Lui et son gouvernement se vantent de son mandat exceptionnel. Pourquoi depuis 2019 le président a-t-il décidé d'empêcher les Béninois de juger sur résultats ? Le président sait qu'il fait prendre au pays des risques.

Vous entendez par là l'épineux sujet de la prorogation du mandat du président Patrice Talon ?

Il n'y a aucune raison pour que Patrice Talon déroge à ce qui est écrit formellement dans la Constitution. J'ai été un peu à l'école, alors excusez-moi, mais je sais que cinq ans ce n'est pas cinq ans et 45 jours.

La contestation que je fais n'est pas politique. Comment est-il possible que le chef de l'État soit élu sur la base d'une Constitution et qu'en cours de chemin un parlement composé exclusivement de ses amis décide dans le dos du pays de rallonger le mandat du président de la République d'un bonus de quelques jours !

C'est un débat sérieux et c'est même pour l'avenir qu'il faut trancher avec fermeté. Parce que si on accepte aujourd'hui que le président Talon réussisse par l'intermédiaire de ses amis à proroger son mandat pour un supposé alignement des mandats, demain, qu'est-ce qui empêcherait un autre chef de l'État de trouver lui aussi des parlementaires qui acceptent de proroger son mandat d'un an, de deux ans ?

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Pensez-vous que le président Talon a vraiment besoin de quarante-cinq jours de plus au pouvoir ?

La question n'est pas de savoir si c'est deux jours ou quarante-cinq jours. C'est un précédent grave !

En tant que constitutionnaliste, vous savez que la Constitution de 1990 a été révisée en 2019 et qu'à travers cette révision, le Bénin n'a pas changé de République?.

Le problème n'est pas de savoir s'il s'agit d'une nouvelle Constitution, d'une révision constitutionnelle ou pas. Les Béninois considèrent que le président Patrice Talon a été élu sur la base d'une Constitution qui lui fixe un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Ce qui est en cause, ce n'est pas la volonté du président de se représenter ou de se succéder à lui-même, ni même son droit à être candidat. Le problème est que Patrice Talon a prêté serment le 6 avril 2016 et son mandat a pris fin le 5 avril 2021, à 00 h 00. Il en a été ainsi pour ses prédécesseurs.

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Dans la hiérarchie des institutions, quelle est celle qui dit la Constitution et peut trancher ce débat ?

En principe, c'est la Cour constitutionnelle, le régulateur qui a été institué pour garantir la démocratie ou en tout cas la continuité de la démocratie. Mais, là, on est dans un vide juridique. Si le président de la République Patrice Talon est encore là, il sait que c'est en violation et en marge de la légalité constitutionnelle.

Tout cela relève désormais d'un lointain souvenir parce que la Cour a, de façon flagrante, renoncé à sa mission. Elle a pris parti et ne dit désormais que le droit d'un camp, celui du pouvoir. Les exemples illustrant cet abandon de charge sont nombreux à cet égard. Le Bénin a perdu sa Cour constitutionnelle. D'ailleurs, ses décisions n'intéressent plus grand monde, ni les juristes ni l'opinion publique. Pour être direct, la Cour constitutionnelle aurait dû être le recours naturel et le régulateur légitime dans ces circonstances troubles. Hélas, son effondrement est, selon moi, le marqueur le plus spectaculaire du recul de notre démocratie.

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N'êtes-vous pas en train de vous enfermer dans une posture, monsieur Aïvo ?

Je n'ai pas de posture. Je suis arrivé en politique avec mes idées après m'être longtemps battu avec le droit constitutionnel dans cette main et la justice dans l'autre. Tout ce que je dis depuis quinze ans dans l'espace public en défendant des élections pluralistes, j'y crois profondément. Je le défends avec constance.

À vrai dire, le problème béninois n'est pas si compliqué et je crois que l'élection présidentielle que les Béninois attendent et qui va voir se confronter plusieurs candidats finira par avoir lieu.

Évidemment beaucoup de gens se laissent impressionner par la brutalité du pouvoir en place et son légalisme, parce qu'il se réfugie toujours derrière la loi. C'est un État de loi, ce qui est différent d'un État de droit.

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Votre candidature n'a pas été retenue pour la présidentielle. Comment vivez-vous cela ? Avez-vous été surpris ?

Non, pas vraiment, parce que la loyauté à la démocratie est devenue le talon d'Achille du gouvernement béninois. Depuis l'instauration du système du parrainage en novembre 2019 dans un contexte où le pluralisme politique n'est plus de mise, nous savions que ce pouvoir était déterminé à liquider les règles d'une compétition démocratique et, donc, à se soustraire au jugement légitime du peuple béninois. Nous savions que, mesurant son passif en cinq ans, conscient de son impopularité, il ne reculerait devant aucune forfaiture pour parvenir à ses fins. Nous savions que notre candidature, vivement pourfendue par le pouvoir, était susceptible d'être combattue voire écartée du jeu électoral pour faire la courte échelle au président Talon. Et pourtant, nous avons décidé d'engager la candidature et de déposer un dossier en bonne et due forme à la Commission électorale. L'objectif était ainsi de démontrer aux yeux de la population et de l'opinion internationale la logique d'exclusion de ce régime.

Tout comme vous, la candidature de Mme Reckya Madougou a été rejetée. Vous étiez à ses côtés au moment de son arrestation, avez-vous de ses nouvelles ?

Je suis la situation de très près parce qu'avant d'être une alliée politique, Reckya Madougou est une amie de très longue date avec qui nous avons travaillé sur les sujets de la démocratie, de la formation des jeunes?

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En lien avec cette affaire, Essowé Batamoussi, juge à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), a dénoncé des pressions. Cela vous conforte-t-il dans le combat que vous menez pour plus d'équité au Bénin ?

Sur la Criet, l'opinion des Béninois est faite. Cet organisme n'a des défenseurs que parmi les amis du pouvoir. Sinon, nous tous savons que la Criet ne fait pas de procès équitable. Les récents événements donnent le sentiment d'une justice expéditive faite pour s'abattre, en particulier sur les citoyens en opposition avec le président Talon. Le Bénin ne doit pas avoir dans son sein un organe en qui personne n'a confiance et qui a été désavoué par la justice régionale, la Cour africaine des droits de l'homme.

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Sur ce dossier, l'opposition a-t-elle sollicité une enquête indépendante ou internationale ?

Le gouvernement brandira l'argument de la souveraineté, c'est évident. Mais je sais que le pouvoir sait aussi que la Criet ne bénéficie de la considération de personne et l'usage que le gouvernement en a fait jusque-là montre qu'elle est plus politique qu'économique.

Objectivement, comment expliquez-vous les divisions qui se sont fait jour au sein du Front pour la restauration de la démocratie au moment même du dépôt des candidatures ?

En réalité, ce que vous interprétez comme une division n'en est pas une. La démarche de la coalition est plutôt marquée du sceau de la cohérence. Nous avons le même adversaire, le président Talon, et nous sommes unis sur l'essentiel, à savoir le rétablissement d'une vie démocratique au Benin. Il faut rappeler que l'opposition béninoise est aujourd'hui plus rassemblée, plus resserrée face au président Talon qu'elle ne l'était en 2016 face au candidat du pouvoir sortant. Alors que l'on ne comptait pas moins d'une dizaine de candidats de l'opposition face à Lionel Zinsou en 2016, aujourd'hui, l'opposition rassemblée au sein du Front pour la restauration de la démocratie est plus compacte et beaucoup mieux structurée que celle à laquelle Patrice Talon était associé en 2016.

Comment expliquez-vous qu'au sein du même groupement, certains membres ont été exclus pour avoir envisagé d'accepter ces parrainages qui étaient pourtant nécessaires pour être dans la course à la présidentielle et d'autres non. Il y a comme une impression d'impréparation, de cacophonie, de candidats présentés à la dernière minute, etc.

Je n'ai pas pour habitude de commenter les décisions de mes alliés et le fonctionnement interne d'organisations dont je ne suis pas membre. En ce qui me concerne, on ne peut pas parler d'impréparation, car depuis deux ans, nous avons engagé un dialogue itinérant direct avec les populations dans le but de co-construire avec elles un projet alternatif. La dynamique que vous observez à l'heure actuelle émane d'un projet que nous avons minutieusement déployé et expliqué au cours des mois passés. La vague que nous avons réussi à lever à l'intérieur du pays et au sein de la diaspora est en capacité de remporter les élections et de provoquer une alternance ordonnée et pacifique. C'est bien cette réalité qui explique la singulière hostilité du pouvoir à l'endroit de notre candidature.

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Avez-vous personnellement entrepris des démarches pour obtenir des parrainages ?

Personnellement, j'avais clairement indiqué que je n'irais pas me présenter devant les responsables des deux partis du président Talon ayant le monopole des parrainages pour les convaincre de m'autoriser à aller compétir avec le candidat qu'ils ont investi. Je n'ai donc pas dérogé à ce que je considère comme une question de principe. Parce que, figurez-vous, le rôle que se sont arrogé les partis du chef de l'État n'est prévu nulle part, ni dans la Constitution ni dans le Code électoral, qu'ils ont pourtant modifié entre eux. Cependant, je me suis rangé à la stratégie du FRD qui a décidé de se charger de la question des parrainages, dans le souci de rechercher des solutions dans un pays qui a toujours été attaché à la recherche de solutions pacifiques face aux crises.

Étiez-vous informé qu'un quota de ces parrainages était réservé à l'opposition ainsi que des démarches pour les obtenir ?

En toute franchise, nous n'y avons jamais cru. Cependant, il fallait traquer le gouvernement dans sa propre logique et priver la majorité présidentielle de l'argument devenu facile selon lequel l'opposition ne veut pas participer à l'élection. Notre démarche visait donc à apporter la preuve de la mauvaise foi du gouvernement. Notre action a produit ses effets, et chacun peut observer aujourd'hui l'embarras dans les cercles du pouvoir pour tenter d'expliquer l'inexplicable.

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Quelle est la part de responsabilité de l'opposition dans la situation préélectorale que traverse le pays ? A-t-elle eu tort d'avoir boycotté les élections législatives de 2019 ?

Il existe une idée de plus en plus répandue selon laquelle l'opposition béninoise aurait boycotté les législatives de 2019. Mais cette idée est absolument erronée. Quiconque suit la vie de la démocratie béninoise depuis 30 ans sait que le boycott ne fait pas partie de la culture politique de ce pays où les élections ont toujours été une fête et un grand moment de délibération populaire. En 2019, comme lors des précédents processus électoraux, l'opposition a fait tout ce qu'il fallait légalement et politiquement pour prendre part au scrutin législatif. C'est le gouvernement, avec la complicité de la Cour constitutionnelle, qui l'en a exclue, en créant une pièce administrative qui n'existait pas dans le code électoral et que le gouvernement a refusé de délivrer aux partis d'opposition. On comprendra quelques mois plus tard pourquoi le président Talon tenait à ce point à ne voir aucun opposant au Parlement. Il n'est donc pas exact d'affirmer que l'opposition a boycotté les législatives. D'ailleurs, vous verrez que si nous laissons faire ce qui se déroule actuellement sous nos yeux, en dépit de notre combat pour une élection inclusive, ils vous affirmeront que nous avons boycotté cette présidentielle.

Existe-t-il des voies et moyens sur le plan de la légalité et du droit pour surseoir aux dispositions du Code électoral qui paraissent aujourd'hui ne pas satisfaire au contexte politique béninois ? Vers quelles institutions l'opposition peut-elle se tourner pour obtenir soit gain de cause, soit une possibilité de faire évoluer le dispositif qu'elle conteste ?

En vérité, nous avons gagné la bataille juridique contre le président et sa majorité. Il n'y a plus personne dans le monde qui pense que ce qui se passe au Bénin procède de la démocratie. Plus personne n'est dupe du jeu du gouvernement béninois. Plus aucun de nos partenaires traditionnels, plus aucune organisation internationale, pas même l'opinion publique africaine ne crédite le gouvernement béninois de bonne pratique démocratique. Et cette opinion a été renforcée par tous les arrêts successifs de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, les décisions des organismes de défense ou de protection des droits de l'homme qui, les uns après les autres, lèvent un coin de voile sur le drame politique qui se joue au Bénin depuis l'arrivée au pouvoir du président Talon.

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Comment résoudre ce qu'il faut bien qualifier de rupture démocratique ?

Certainement par le dialogue et la restauration d'un consensus national. Mais pour dialoguer, il faut être au moins deux. Le FRD propose des solutions simples qui auraient pu être mises en ?uvre avant le lancement du processus électoral. Face à l'impasse actuelle, et malgré l'incroyable aveuglement du gouvernement qui feint d'ignorer qu'il s'installe de jour en jour sur un volcan, nous en appelons à l'adoption de deux mesures immédiates. La première est de prendre acte de l'inapplicabilité du parrainage pour ces élections-ci en raison de ce que sa mise en ?uvre, dans les conditions actuelles, dénature le scrutin et le vide de son essence démocratique. Pour y parvenir, il faut prendre une loi dérogatoire pour différer le parrainage à 2026 après des législatives pluralistes en 2023. Pour rappel, une loi similaire a déjà été prise le 2 juin dernier, en plein processus électoral, pour permettre à la majorité présidentielle de nommer des maires, en lieu et place d'élections, par les conseils municipaux et communaux. Cette fois-ci, ils ont l'opportunité de le faire pour une bonne raison : préserver la paix. La deuxième mesure consisterait à réaménager le calendrier électoral afin d'organiser les élections avant le 5 avril pour éviter un vide juridique à partir du 5 avril à minuit. Le régime devrait prendre conscience des risques auxquels il expose notre pays, s'il décide de poursuivre un processus électoral manifestement illégitime.

Vous avez été très largement consulté au moment de la révision de la Constitution en 2016. Quand avez-vous été alerté d'un recul possible des règles démocratiques qui régissent la vie politique du Bénin depuis des décennies ?

En tant que constitutionnaliste, j'ai pris part à un certain nombre de travaux de réflexion sur les améliorations à apporter à notre Constitution pour renforcer notre architecture démocratique. Déjà, au cours des mandats du président Boni Yayi, j'avais participé aux travaux de la commission Joseph Gnonlonfoun. Ils n'ont pas abouti, faute de consensus dans la classe politique. En 2016, après l'accession de Patrice Talon à la présidence, une nouvelle commission a été mise en place. J'en ai été le rapporteur général. Mais les propositions que nous avons faites ont été soit mises de côté, soit dénaturées. Pire, certaines d'entre elles ont été détournées à d'autres fins. Mais je voudrais que vos lecteurs retiennent quelque chose : depuis quelques semaines, j'entends beaucoup d'insinuations tendant à faire croire que j'ai été à l'origine des réformes entreprises au cours de l'actuel quinquennat présidentiel. À croire que ce pouvoir est incapable d'assumer ses propres choix politiques. Mais que ce soit bien clair : cela fait bientôt cinq ans que je me dresse contre ce régime, parce que je suis dans un désaccord total avec le modèle d'État que le président Talon tente de nous imposer.

Quels sont les autres éléments qui garantissent aux Béninois et aux observateurs que l'élection sera bien transparente, libre et crédible ?

La question de la transparence ou de la crédibilité ne peut pas se poser pour un processus électoral dans lequel les règles de la compétition démocratique ordinaire sont désormais inexistantes. Un processus taillé sur mesure pour le président sortant qui devient, de fait, le seul candidat à une élection privée. Dans ces conditions, l'enjeu électoral n'est plus qu'une vue de l'esprit. Et la restauration de la démocratie béninoise demeure à la fois un défi et un des chantiers les plus urgents.

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