Strasbourg, déplacement à haut risque pour le PSG

Rafinha et ses petits camarades avaient (largement) dominé Strasbourg, le 23 décembre dernier, pour ce qui restera comme le dernier match de Thomas Tuchel à la tête du PSG © Panoramic Rafinha et ses petits camarades avaient (largement) dominé Strasbourg, le 23 décembre dernier, pour ce qui restera comme le dernier match de Thomas Tuchel à la tête du PSG

Fromage ou dessert ? Mauricio Pochettino va devoir trancher. En tout cas, il a des choix cornéliens qui l'attendent en ce qui concerne sa composition de départ. Trois jours après leur succès aussi héroïque qu’inespéré, illogique et presque farfelu mais pas volé pour autant à Munich, face au Bayern (2-3), les Parisiens doivent déjà remettre le couvert, à la Meinau, contre le RC Strasbourg. Coup d’envoi ce samedi à 17 heures (sur Canal+ et en direct commenté sur notre site), pour le compte de la 32e journée du championnat de France de Ligue 1.

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Sachant que le quart de finale retour face aux champions d’Europe sortants arrive vite, dès mardi en fait, la logique voudrait que le PSG fasse l’impasse l’Alsace. Tout pour la Ligue des champions. Sauf qu’à force de griller des jokers, avec déjà huit défaites en championnat, dont cinq au Parc des Princes, le club de la capitale est dos au mur. Surtout que le leader, Lille, qui s’imposait à Paris la semaine passée (0-1), a remis le couvert vendredi, à Metz (0-2). Pourtant, les Grenats ont tenu la dragée haute aux Dogues. Ce n'est rien de le dire... «On est très déçu car on aurait pu gagner ce match et on le perd», peste le milieu messin Farid Boulaya, relevant que «pour être champion il faut de la réussite et un bon gardien». Et le Losc a tout cela… «Mike (Maignan) a été décisif et on a eu de la réussite», résume Christophe Galtier, assurant que son équipe n’était, a priori, «n'est pas programmée» pour la conquête du titre. A priori seulement : avec 69 points, les Lillois mettent la pression sur leurs poursuivants, reléguant notamment le Paris Saint-Germain à six longueurs au classement.

Ménager la chèvre et le chou

En résumé, les joueurs de Pochettino n’ont pas trop le choix. Il faut gagner à la Meinau. Six points de retard à six journées de la fin, ce serait un gouffre. «On n’a pas le temps de trop penser à cette victoire à Munich, on doit se projeter sur Strasbourg, dans un contexte difficile avec des absents. On ne pense qu’à Strasbourg», promettait «Poche» vendredi, face à la presse. Auteur d’un doublé en Bavière, Kylian Mbappé avait, dès le coup de sifflet final, évoqué Strasbourg sur RMC Sport. «Focus sur la Ligue 1», confirme-t-il sur les réseaux sociaux.  

Evidemment, ce n’est pas si simple. La «Champions’», c’est l’objectif ultime de Neymar Jr et compagnie, du club tout entier en fait. Plus qu’un objectif, une obsession. Munich sera forcément dans la tête de ceux qui joueront ce samedi, c’est inévitable. Et dans celle de leur entraîneur aussi d'ailleurs. Reste à savoir qui jouera. C’est toute la question… «L’état physique sera important parce que ce sera un match difficile», indique Mauricio Pochettino. Et le technicien argentin de 49 ans d’ajouter : «Strasbourg est une équipe très physique. Ce sera important de détecter les joueurs qui seront les plus frais pour jouer. Il ne faudra pas seulement être frais physiquement, mais aussi avoir de la qualité. Le staff médical, de la performance, tout le monde fait des efforts pour que les joueurs récupèrent de la meilleure façon et le plus vite possible. On devra trouver les joueurs qui seront les plus aptes pour ce match sans prendre de risque et les mettre dans les meilleures conditions pour gagner.» En résumé, cela revient à ménager la chèvre et le chou.

Les coulisses de la victoire parisienne à Munich en vidéo

Pour compliquer un peu plus la tâche de Pochettino, la liste des joueurs indisponibles, blessés ou malades (Marquinhos, Diallo, Icardi, Kurzawa, Bernat), touchés par le Covid-19 (Verratti, Florenzi) ou suspendu (Neymar), est conséquente. Certains d’entre eux pourraient revenir à temps pour la deuxième manche face au Bayern, à l’image d’un «Marqui» sur lequel les médecins doivent se prononcer d’ici à dimanche. N’empêche, certains habituels remplaçants pourraient être amenés à débuter mardi. Bonjour la migraine.

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Des arbitrages de Mauricio Pochettino dépendront peut-être l’issue de cette saison de Ligue 1. Une chose est sûre : Lille a une bonne tête de champion. 18 des 23 équipes qui ont affiché un total de 69 points après 32 journées ont été sacrées au final. Soit 78%. Nul doute que le peuple parisien se satisferait d’une Coupe aux grandes oreilles. Mais il y a encore du chemin avant d’imaginer Marquinhos brandir le trophée, le 29 mai à Istanbul… Il faudrait déjà écarter le Bayern, et ce n’est pas gagné, avant de se frotter à Manchester City ou Dortmund en demies et sans doute le Chelsea de Thomas Tuchel ou le Real Madrid en finale. Certains ont parlé d’un parcours digne de la Ligue Europa pour qualifier le tableau parisien jusqu’en finale l’an passée. Cette fois, les Rouge et Bleu ont droit au parcours du combattant. La totale.

Vite écarter le spectre de la quatrième place

Dans ces conditions, sacrifier la Ligue 1 ressemble à un pari risqué. D’autant plus que Monaco, troisième, et Lyon, quatrième, ne sont respectivement qu’à un et deux points derrière les vice-champions d’Europe au classement. Inutile de préciser qu’une non-qualification pour la prochaine C1 aurait des allures d’accident industriel pour le riche «Qatar-SG». Sans parler des prolongations de Neymar et Mbappé (voir par ailleurs)... «Tout ce qu’on peut dire peut laisser penser qu’on cherche des excuses, mais le staff a besoin de temps pour travailler sur le terrain et mettre en place des choses, ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici, souligne Pochettino, qui bouclera prochainement ses 100 premiers jours à la tête du PSG. Mais on continue à essayer d’optimiser les choses pour obtenir des résultats. Nous sommes contents de ces premiers mois. J’ai joué ici il y a plusieurs années (entre janvier 2001 et l’intersaison 2003, ndlr), mais en étant à l’intérieur du club, je suis content de la structure. On sait qu’on doit atteindre nos objectifs, c’est toujours le cas au PSG.» Et la L1 en est un. La C1 encore plus.

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