Covid-19 : le Royaume-Uni pourrait placer la France en «zone rouge»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, à Londres, le 23 mars. © Hannah Mckay Le Premier ministre britannique Boris Johnson, à Londres, le 23 mars.

Les variants qui se propagent dans l’Hexagone inquiètent Londres. Boris Johnson, le chef du gouvernement britannique, a indiqué mercredi devant le Parlement que le Royaume-Uni pourrait placer la France en «zone rouge» et durcir les contrôles aux frontières. C’est une décision qui pourrait être prise «très rapidement», a-t-il ajouté.

Campagne de vaccination efficace

Le Royaume-Uni craint que les variants circulant en Europe continentale soient résistants aux vaccins. Les autorités craignent la mutation dite sud-africaine, qui frappe (notamment) durement la Moselle. Pour sortir du confinement, le gouvernement britannique mise sur une campagne de vaccination efficace : à la date du 25 mars, plus 30 millions d’habitants ont reçu une première injection, contre moins de 9 millions en France.

Les travaillistes ont appelé à placer la France sur la liste rouge, qui comprend déjà la plupart des pays d’Amérique latine et d’Afrique. Ils n’ont pas été convaincus par l’annonce de Jean Castex, qui a affirmé ce week-end que le variant sud-africain était en recul sur le territoire français. La liste rouge interdit le voyage depuis la France, à l’exception des nationaux et résidents britanniques, qui seraient alors soumis à une quarantaine à l’hôtel, à leur arrivée sur l’île.

Craintes d’embouteillages à Calais

Ceci dit, sur fond de bras de fer sur les livraisons de vaccins entre l’Europe et la Grande-Bretagne, Boris Johnson a également averti qu’un retour des contrôles à la frontière avec la France pourrait causer des perturbations importantes. Il a rappelé que 75 % de l’équipement médical et 50 % de l’approvisionnement alimentaire britanniques passe par l’Hexagone. Le Premier ministre a sans doute en tête le chaos entre Douvres et Calais. Des milliers de camions et leurs conducteurs s’étaient retrouvés coincés du côté anglais à cause d’une décision française de suspendre les liaisons avec son voisin. A l’époque, c’était le variant britannique qui effrayait les autorités françaises.

Puis, avec la mise en œuvre du Brexit, les arrivées depuis la France vers le Royaume-Uni se sont complexifiées. Les chauffeurs routiers sont les premières victimes de la profusion administrative, aggravée par les restrictions sanitaires. Ils sont actuellement exemptés de tests et de quarantaine mais selon le Guardian, la mise en place de tests rapides est actuellement à l’étude à Londres.

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