Les États-Unis inquiets de la situation des droits de l’homme en Guinée

Les forces de l'ordre face à des Guinéens opposés à la réélection du président Alpha Condé, dans les rues de Conakry le 21 octobre 2020. (photo d'illustration) © AP - Sadak Souici Les forces de l'ordre face à des Guinéens opposés à la réélection du président Alpha Condé, dans les rues de Conakry le 21 octobre 2020. (photo d'illustration)

Dans son rapport annuel, le département d’État américain dresse un bilan accablant de l’année écoulée : arrestations arbitraires, mauvaises conditions dans les prisons… Le département d’État américain confirme dans ce rapport paru cette semaine les dysfonctionnements pointés du doigt ces derniers mois par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.

En 2020, de nombreux cas de violations des droits humains ont été commis en Guinée dénonce le département d’État, qui évoque des « exécutions extrajudiciaires perpétrées par le gouvernement ou son nom », des « actes inhumains », des « arrestations arbitraires » et de nombreuses restrictions aux libertés d’expression. 

Washington passe en revue chaque épisode électoral, qui a été émaillé de violences. En octobre, le Front national pour la défense de la Constitution déplorait dix morts et des violences à Nzérékoré : « aucune enquête n’a été ouverte sur ces incidents », déplore le département d’État. Même constat dressé concernant les violences qui ont endeuillé la Guinée forestière il y a un an, après le référendum sur la nouvelle Constitution : plusieurs dizaines de personnes avaient perdu la vie et de nombreux bâtiments avaient été détruits, mais « aucune enquête » n’a été ouverte, constate encore ce rapport.  

Washington critique les mauvaises conditions dans les prisons, où 155 détenus ont été testés positifs au Covid en septembre. De manière générale, « le processus judiciaire manque souvent d’indépendance et d’impartialité » lit-on dans ce rapport. 

Pas de réaction pour le moment de la part des autorités, qui ont assuré à plusieurs reprises que des enquêtes avaient été ouvertes concernant les violences liées aux élections. Critiqué par plusieurs ONG, le ministère de la Justice assure que les « droits de la Défense sont scrupuleusement respectés ».

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