Ligue 1 : printemps incertain à Bordeaux

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Pas encore sauvé. A la lecture du classement, on pourrait se dire qu'il y a plus mal lotis que les Girondins (36 points), comme Strasbourg (15e, 33 pts), leur adversaire dimanche. Avec sept points d'avance et une différence de buts bien meilleure que celle de l'actuel barragiste Nîmes (-26, -6 pour Bordeaux), le club au scapulaire a de quoi voir venir. Sauf que depuis la cruelle défaite ramenée de Lyon (2-1) fin janvier, alors qu'ils n'étaient qu'à quatre points de la 5e place, un ressort s'est cassé du côté du Haillan, avec des répercussions comptables dramatiques (4 points pris sur 27 possibles). Seule la lanterne rouge, Dijon, a fait pire sur la période.

Se sont télescopées la grave blessure d'Otavio (rupture du tendon d'Achille), la méforme persistante d'Hatem Ben Arfa, la porosité d'un bloc défensif qui faisait pourtant référence lors de la phase aller (10 clean sheets), la gestion des états d'âme et des fins de contrat, les réticences de certains joueurs à baisser leurs salaires à la suite du fiasco Mediapro et de la crise liée au Covid. Tout s'est enchaîné, jusqu'à la sortie de Jean-Louis Gasset. Juste avant cette trêve internationale, il a laissé planer le doute sur son avenir, alors qu'il lui reste encore une année de contrat. «De temps en temps, il y a quelques nœuds à défaire. Je l'ai connu, mais là il y avait beaucoup de nœuds à défaire et toutes les semaines, il y en a qui se remettent, voulus ou pas voulus», énumérait-il.

Vente espérée

En reconnaissant également qu'on lui «a menti sur le challenge à relever parce que c'est plus dur que ce que je croyais», le technicien, qui avait ramené cet automne une certaine sérénité, ne se projette désormais pas plus loin que les huit derniers matches de la saison. Il reste six points à prendre, théoriquement, pour atteindre la barre symbolique des 42 points, qui devraient suffire pour assurer un maintien sportif. Car pour le reste, c'est le grand flou. Personne ne connait les réelles intentions de King Street, cet actionnaire majoritaire sans visage ni passion débordante pour le football qui, en prévision du prochain passage devant la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion), vient d'injecter 40 millions d'euros de fonds propres dans les caisses des Girondins. Sans cela, le club devrait afficher un déficit supérieur à 60 millions d'euros en fin de saison.

Est-ce pour mieux vendre - sans brader pour autant - comme beaucoup l'espèrent? Vendre pour clore ce chapitre américain et en ouvrir un nouveau, plus calme et serein, avec une nouvelle direction dont rêvent les Ultramarines, le principal groupe de supporters en guerre ouverte avec l'actuelle. Sur sa feuille de route d'ici fin mai, on a aussi suggéré à Gasset d'évaluer les bijoux de famille, ses jeunes sans expérience mais déjà passés professionnels pour la plupart, privés de compétition en raison de la pandémie. «On les regarde pour savoir qui a le potentiel. Toutes les semaines, on fait une séance supplémentaire avec toutes les pépites. On les voit, on prend des notes et après on verra», assure-t-il, rappelant que «c'est un tout» qui déterminera sa décision. «Que tout le monde soit sur la même longueur d'ondes parce que là, on souffre». Depuis le revers à Montpellier (3-1), il a senti une prise de conscience des joueurs cadres, notamment, affectés par la situation. De quoi l'aider dans sa mission et influer sur son choix de fin de saison ?

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