Centrafrique, un ramadan sous le signe de l'espoir

© Annice Lyn/AP Photo/picture alliance

Il est midi, c'est l'heure de la prière. Les croyants affluent à la mosquée "Tawal Taltou" au PK5. Ce ramadan est un moment de défi sanitaire avec la Covid-19, économique avec la flambée des prix des denrées alimentaires, mais aussi sécuritaire pour les musulmans dans les zones où a été décrété l'état d'urgence.

Aboubacar Youssouf redoute pour sa part avant tout la flambée des prix sur le marché.

"Avant le ramadan, les imams ont fait des prêches par rapport aux commerçants parce que dans l'islam, augmenter le prix de cette manière n'est pas conseillé. Mais c'est plus difficile parce qu'on traverse un moment d'insécurité, les frontières sont fermées et les choses ne marchent pas bien. Cela fait que les gens n'ont pas les moyens pour aller au marché et cela devient plus difficile. Surtout pour avoir du sucre, des dattes, tout ce qui est nécessaire pour la rupture parce que l'argent ne circule pas dans le pays" explique t-il.

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La paix un impératif

Mais en ce début de ramadan, la majorité des chrétiens et musulmans s'accordent autour d’un point essentiel dont le pays a besoin : la paix.

"Le ramadan de cette année va être observé dans un contexte de crise, de violence, où le tissu social est déchiré. C'est pourquoi j'attends beaucoup de mes frères musulmans pour qu'ils puissent effectivement prier pour la paix" explique un habitant de Bangui.

Pour un autre le souhait est que les musulmans " portent en tout cas des messages de paix pour la République centrafricaine, dans leurs moments de prière."

"Mon attente c'est de prier pour notre pays, faire une prière quotidienne pour la paix totale sur le territoire centrafricain, qu'ils n'oublient pas ceux qui sont à Ndélé, Bossangoa, Bria" souhaite un autre.

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Au Conseil supérieur islamique de Centrafrique, l’imam Abdoulaye Ouassalegué place en effet la sécurité au cœur du ramadan. "Que cette année, nous passions les 29 ou 30 jours de jeûne à invoquer Allah Outahala pour qu'il raffermisse la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble, la fierté nationale et la sécurité retrouvée en République centrafricaine" précise l'imam. La Ouma de cette année est donc placée sous le signe d’un appel à la stabilité entre les communautés.

Auteur: Jean Fernand Koena

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