Vincent Ledoux : « Nous devons assumer une large part d’Afrique ! »

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La mobilité des étudiants internationaux est un terrain de concurrence entre États, qui l'ont bien identifiée comme un atout pour leurs universités et leurs économies, mais aussi comme un moyen de véhiculer des valeurs et de nouer des liens durables entre sociétés. À court terme, c'est aussi un retour direct de 2 milliards d'euros pour la France en dépenses des étudiants, réparties sur tout le territoire, ce dont nos régions n'ont peut-être pas encore suffisamment pris conscience? Pour l'année 2019-2020, sur les 370 000 étudiants étrangers en France, 290 000 étaient « en mobilités internationales », selon la définition de l'Unesco, car ils ont quitté provisoirement leur territoire national à des fins d'études. En 10 ans, ces mobilités ont augmenté de 68 % sur le plan mondial, mais de seulement 32 % en France.

France : un rang à reconquérir?

Longtemps troisième pays d'accueil derrière les États-Unis et le Royaume-Uni, la France est passée au sixième rang, derrière l'Australie, l'Allemagne et la Russie, et talonnée par le Canada. Avec 25 000 doctorants en mobilité, la France est encore 3e dans le dernier classement OCDE, mais elle est le seul des 10 premiers pays à voir ses effectifs de doctorants étrangers baisser entre 2013 et 2018, avec moins 9 %, alors que l'Allemagne les a augmentés de 57 %. Notre attractivité internationale dépend bien sûr en premier lieu de nos universités et de nos grandes écoles, mais aussi de l'Action extérieure de l'État à travers trois outils !

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? avec les services de coopération des ambassades

En premier lieu, les services de coopération des ambassades avec désormais seulement 90 effectifs de coopérants universitaires et surtout 259 « espaces Campus France », dans 127 pays, composantes des ambassades chargées d'orienter les candidats étrangers et de donner le feu vert pédagogique avant la demande de visas étudiant. Ils emploient près de 500 personnels recrutés localement. Je recommande à l'État de stabiliser les effectifs de coopérants et, dans les postes à fortes charges qui peuvent connaître des situations délicates, de bien veiller à l'adéquation entre les profils et les enjeux opérationnels. Des profils juniors de volontaires internationaux en administration ne peuvent pas remplacer partout des expatriés plus coûteux mais aguerris? Il faut également parachever le déploiement de la plateforme Études en France qui facilite les inscriptions, et je suggère de mutualiser une partie des recettes liées à son utilisation, qui sont passées, en 3 ans, de 11 à 20 millions d'euros, et qui vont continuer de croître.

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? avec Campus France

Deuxième acteur de cette politique d'attractivité, l'établissement public industriel et commercial Campus France qui résulte d'une fusion réussie entre trois structures préexistantes. Campus France est compétent à la fois pour promouvoir l'enseignement supérieur français à l'étranger et pour gérer des programmes de mobilités et de bourses. Il s'agit de programmes du Quai d'Orsay mais également de partenaires étrangers qui financent des mobilités en France avec environ 120 millions d'euros en gestion annuelle entre 2017 et 2019, ramenés à 100 millions d'euros en 2020, la crise sanitaire ayant réduit les échanges.

? avec le financement des bourses

Le troisième levier est directement lié à l'activité de Campus France. C'est le financement de bourses d'études. Celui-ci est réparti entre les 30 millions d'euros de bourses attribuées par les postes diplomatiques, et les 25 millions d'euros de bourses sur programmes centraux thématiques comme les programmes Eiffel ou Make Our Planet Great Again. La dépense s'établit donc autour de 55 millions d'euros depuis 2017. Le Quai d'Orsay finance ainsi environ 11 000 bourses par an, contre 14 500 en 2013. Hors bourses de stage, cela représente 9 000 bourses d'études, dont seulement 6 500 comprennent une allocation de vie, puisqu'on compte aussi 2 500 « bourses de couverture sociale » qui complètent des allocations versées par des États étrangers ou des entreprises privées.

© Fournis par Le Point Le député du Nord Vincent Ledoux avec des élèves de l'école Montaigne à Cotonou, au Bénin.   © VL

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