RDC: les violences dans les hauts plateaux provoquent des déplacements de Banyamulenge

Un soldat de la Monusco monte la garde sur une route, en novembre 2018 (image d'illustration). © AFP - JOHN WESSELS Un soldat de la Monusco monte la garde sur une route, en novembre 2018 (image d'illustration).

En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a décrété l’état de siège dans certaines provinces en conflit. Il a choisi de se concentrer sur les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, écartant le Sud-Kivu pourtant évoqué dans le programme du premier gouvernement de l’union sacrée. En mars 2021, l’ONU avait documenté presque autant de violations au Sud-Kivu qu’en Ituri. Même si ce conflit est qualifié de basse intensité, il fait encore beaucoup de déplacés et de villages brûlés. Des sources locales font état de 24 000 déplacés dans la zone de santé de Lemera.

De notre envoyée spéciale à KinshasaSonia Rolley

Depuis une semaine, la petite localité de Bwegera a vu arriver plus de 4 000 déplacés Banyamulenge descendus des hauts plateaux : « On a été attaqué la première fois, c’était en date du 16 mars 2021, par le groupe Maï-maï, en coalition avec Red Tabara, c’est un groupe armé burundais. Ce groupe a incendié trois villages ».

La Monusco s’est aujourd’hui déployée à Kahololo, la zone d’où proviennent ces déplacés Banyamulenge, mais ces derniers disent avoir été chassés par les autres communautés, attaqués partout où ils cherchaient refuge : « On s’est déplacé vers les localités voisines. Cette population a été encore attaquée pour la deuxième fois en date du 9 avril, on s’est encore déplacé. C’est dans cette localité qu’on a été encore attaqué pour la dernière fois en date du 22 avril 2021. »

Des milliers de déplacés issus des autres communautés en conflit sont eux réfugiés à Bijombo près d’une base de la Monusco. Ils sont empêchés par un groupe armé Banyamulenge de rejoindre leurs champs. Tous vivent dans des conditions très précaires.

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