Arabie Saoudite – Houthis : La paix, non merci !

© Fournis par Journal d'Abidjan Le royaume, qui intervient militairement au Yémen depuis 2015, a fait plusieurs propositions, dont « un cessez-le-feu global dans tout le pays sous la supervision des Nations unies », a annoncé le gouvernement saoudien dans un communiqué. Ryad a également proposé de rouvrir l'aéroport de Sanaa, la capitale yéménite tenue par les rebelles, et de relancer les négociations politiques entre le gouvernement yéménite et les Houthis, est-il stipulé dans le texte.

« Nous voulons que les armes se taisent »

Les rebelles avaient récemment fait de l'ouverture de tout l'espace aérien et maritime du Yémen, sous contrôle saoudien, une condition préalable à tout processus de dialogue. « Nous voulons que les armes se taisent complètement », a déclaré à la presse le ministre saoudien des Affaires étrangères, le Prince Fayçal Ben Farhane, lors d'une conférence à Riyad. 

En avril 2020, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite qui combat les rebelles avait annoncé un cessez-le-feu temporaire au Yémen, pour empêcher la propagation du coronavirus, mais les rebelles houthis avaient déjà rejeté cette initiative, la qualifiant de manœuvre politique. Saluée par les Nations unies, la nouvelle proposition a également été bien accueillie par le gouvernement yéménite dans un communiqué émanant du ministère des Affaires étrangères, basé à Aden, port du sud-ouest du pays.

Les Houthis ont en revanche estimé que ce projet ne proposait « rien de neuf », dans la mesure où il ne répondait pas à leur demande d'une levée complète du blocus sur l'aéroport de Sanaa et le port de Hodeïdah.

« L'Arabie saoudite doit annoncer la fin de l'agression et lever complètement le blocus (sur le Yémen), car mettre en avant des idées discutées depuis plus d'un an n'a rien de nouveau », a déclaré un porte-parole des rebelles, Mohammed Abdelsalam.

L'Arabie saoudite fait l'objet de pressions croissantes pour mettre fin à ce conflit, alors que le nouveau Président américain Joe Biden a retiré le soutien des États-Unis à cette campagne militaire, à l'origine de ce que les Nations Unies décrivent comme la pire catastrophe humanitaire actuelle.

Boubacar Sidiki Haidara

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