Tchad: trois candidats à la présidentielle mènent une campagne pour le boycott

L'opposant tchadien Saleh Kebzabo (G) lors d'un meeting à Ndjamena en 2011. © AFP - GAEL COGNE L'opposant tchadien Saleh Kebzabo (G) lors d'un meeting à Ndjamena en 2011.

Trois des dix candidats à la présidentielle tchadienne du 11 avril prochain qui se sont retirés officiellement du processus électoral, mais ont été maintenus dans la course par la Cour suprême du pays, ont leurs noms et photos bien en place sur les spécimens de bulletins de vote qui ont été distribués au parti. L’opposant Saleh Kebzabo, l’un de ces « candidats malgré eux », comme ils se nomment, s’est lancé dans une drôle de campagne, dans le Mayo-Kebbi Est (sud-ouest du pays), où il vient de passer plusieurs jours en appelant au boycott du scrutin.

Pendant quatre jours, Saleh Kebzabo était dans le fin fond de la région du Mayo-Kebbi Est où il est allé de village en village pour parler « au pays profond », dit-il. Son objectif est celui d’expliquer aux Tchadiens - qui n’écoutent pas les radios et n’ont pas accès aux réseaux sociaux - son mot d’ordre de boycott de la présidentielle du 11 avril prochain.

« Notre nom figure sur le bulletin électoral. Nous sommes donc obligés de descendre sur le terrain, de mener non pas une campagne pour que l’on vote pour nous puisque nous ne sommes pas candidats, mais pour expliquer la forfaiture de la Cour suprême, en disant que nous ne sommes pas candidats. Les gens le comprennent. On explique pourquoi nous ne sommes pas candidats à une élection qui est une élection bidon et nous leur demandons, en conséquence, de ne pas aller voter, tout simplement. C’est une campagne de boycott que je suis en train de mener et je pense qu’elle porte bien », souligne Saleh Kebzabo.

Le président de la Céni appelle à ne pas troubler l'ordre public

Réaction du président de la Commission électorale nationale du Tchad : Kodi Mahamat Bam estime que « chacun a le droit de mener sa campagne comme il veut », mais pas à n’importe quelle condition.

« Nous sommes en démocratie et chacun est libre de dire ce qu’il pense, en campagne, à la seule condition qu’il ne trouble pas l’ordre public. S’il introduit des propos de nature à perturber l’ordre public, nous avons la Sécurité. Ce n’est pas là du ressort de la Céni », précise-t-il.

Mais le véritable test, ce sera vers la fin de cette semaine, selon l’opposant Kebzabo. Il compte organiser un grand meeting à Ndjamena où il va appeler à un boycott actif de la présidentielle.

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