La vertigineuse ascension de Monaco jusqu'en finale de l'Eurocoupe

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Le 1er avril 2014, pour son dernier match de la saison régulière de Nationale 1 masculine et assurer sa première place, Monaco battait Montbrison 77 à 51 à domicile. Sept ans plus tard, à l'automne prochain, la "Roca Team" recevra le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore le CSKA Moscou en Euroligue. Deux dates qui donnent une idée du chemin parcouru par Monaco, de son ascension fulgurante parmi le gratin du basket européen.

La montée en puissance de la machine monégasque a été rendue possible par les investissements de l'homme d'affaires ukrainien Sergueï Dyadechko. Monaco a progressivement augmenté son budget, qui s'élevait à 8,1 millions d'euros pour la saison 2019/20. Paradoxalement, la percée de Monaco sur la scène européenne arrive toutefois pendant une saison de restriction budgétaire (réduit à 6,5 M EUR), et salariale (baisse de 25 à 30%).

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«Il y a six ans, qui aurait dit que l'équipe jouerait dans la même ligue que le Barça, le Real et le CSKA ?», lance pour l'AFP le directeur exécutif de l'AS Monaco Basket, Oleksiy Yefimov. Les joueurs de Zvezdan Mitrovic sont allés chercher sur le terrain cette place en Euroligue, en battant en demi-finale de l'Eurocoupe (C2) le club espagnol de Gran Canaria, sans passer par un match 3 décisif dans la série, grâce à un succès en Principauté (82-76) et une victoire arrachée aux Canaries (76-74).

«Quand Rob a marqué le dernier panier, c'était du pur bonheur. Ensuite, l'émotion s'est calmée. C'était de la fierté pour l'équipe, l'encadrement et les membres du club. Le sentiment principal était ‘’on est vraiment proches du rêve, on va faire venir à Monaco les meilleures équipes de basket-ball d'Europe !"», souligne Yefimov. "Rob", c'est Rob Gray, MVP des demies et auteur du panier de la victoire à la dernière seconde à Las Palmas, évitant une prolongation sur un "buzzer-beater" synonyme de qualification pour la finale de l'Eurocoupe.

Trois jours plus tard, l'élimination de Valence dans la course aux play-offs d'Euroligue a offert un immense cadeau à la Roca Team: une place en C1 assurée pour la saison prochaine, sous réserve de remplir les critères financiers et d'infrastructure exigés par les propriétaires d'Euroleague basketball, instance privée qui gère la compétition-reine et sa petite sœur.

Place désormais à Kazan, dernière marche vers un premier trophée européen pour Monaco, qui a joué une première finale continentale en 2018, battu par l'AEK Athènes en finale de la Ligue des champions (3e niveau derrière l'Euroligue et l'Eurocoupe). «Forcément, on est le petit poucet de la finale», souligne l'entraîneur de Monaco, Zvezdan Mitrovic, face à une équipe russe qui compte plusieurs joueurs passés par la NBA dont Isaiah Canaan (Houston, Philadelphie, Chicago Phoenix), et qui était présente en Euroligue en 2016-17.

Leader de la Pro A

En raison de la pandémie de Covid-19 et pour ne faire qu'une seule quarantaine de sept jours au retour de Russie, Monaco jouera la première manche de cette finale à Gaston-Médecin ce mardi à 18h30, avant de se rendre sur les rives de la Volga, pour le deuxième match vendredi et un éventuel match 3 décisif dimanche.

Les Monégasques ont parfaitement préparé cette finale avec quatre victoires en championnat de France depuis leur qualification, notamment contre Boulogne-Levallois et Strasbourg. Ils ont renforcé leur place en tête de l'Elite, eux qui ont fini trois des quatre dernières saisons régulières à la 1ère place, mais qui ont toujours échoué dans la quête du titre (quart en 2017, demie en 2016, finale en 2018 et 2019).

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