France: sept anciens membres des Brigades rouges italiennes arrêtés

En Italie, durant les années de plomb, les Brigades rouges enlèvent, séquestrent et assassinent des hommes de pouvoir. (Graffiti à Milan en 1977) © Mondadori via Getty Images - Mondadori Portfolio En Italie, durant les années de plomb, les Brigades rouges enlèvent, séquestrent et assassinent des hommes de pouvoir. (Graffiti à Milan en 1977)

Sept anciens membres des Brigades rouges italiennes ont été interpellés ce 28 avril en France, à la demande de l'Italie. Dans les années 80, de nombreux membres de ce groupe terroriste d'extrême gauche sont venus s'exiler en France.

Condamnés en Italie pour des actes de terrorisme commis dans les années 70-80, sept hommes et femmes ont été interpellés ce 28 avril en France et trois sont recherchés. Ils doivent être présentés d'ici 48h devant le parquet général de la cour d'appel de Paris, avant qu'un juge ne statue sur leur éventuelle détention ou leur remise en liberté sous contrôle judiciaire, le temps de l'examen des demandes d'extraditions italiennes.

La doctrine Mitterrand de 1985

L'extradition d'activistes d'extrême-gauche venus se réfugier en France est une demande récurrente de l'Italie depuis des années. La France s'y refusait jusque-là et appliquait « la doctrine Mitterrand », c'est-à-dire le refus d'extrader ces individus venus se réfugier en France et qui avaient choisi d’abandonner la lutte armée, sauf si l'on était convaincu qu'ils avaient commis des crimes de sang. 

En 2008, Nicolas Sarkozy va dans le même sens et refuse d'appliquer le décret d'extradition de l'ex-membres des Brigades rouges Marina Petrella, condamnée à perpétuité en Italie, en raison de son état de santé. Cette dernière  fait partie des sept personnes interpellées ce mercredi matin, selon la police italienne. Parmi les autres personnes interpellées figurent Giorgio Petriostefani, Narciso Manenti, Roberta Capelli, Enzo Calvitti, Giovanni Alimonti et Sergio Tornaghi. Les trois personnes encore recherchées sont Maurizio Di Marzio, Luigi Bergamin et Raffaele Ventura. 

Changement de politique

Le président Emmanuel Macron a finalement décidé de régler ce vieux différent avec Rome et a expliqué que « la France, elle-même touchée par le terrorisme, comprend l'absolu besoin de justice des victimes. Elle s'inscrit également, à travers cette transmission, dans l'impérieuse nécessité de la construction d'une Europe de la Justice, dans laquelle la confiance mutuelle doit être au centre ». Le Premier ministre italien Mario Draghi s'est dit « satisfait de la décision de la France ».

C'est en 1970 que les Brigades rouges, une organisation souterraine d'extrême gauche, naît en Italie. Un groupe d'anciens leaders étudiants et d'ouvriers voit progressivement dans l'action armée la seule réponse possible face à l'État qu’ils considèrent comme corrompu et de moins en moins démocratique. Entre 1969 et 1980, des centaines d’attentats ont lieu. L'épisode le plus marquant sera l'enlèvement, puis l'assassinat, du chef de la Démocratie chrétienne, Aldo Moro, en 1978, par les Brigades rouges. 

► À écouter, La Marche du monde, présentée par Valérie Nivelon, consacrée aux années de plomb 

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