Israël-Palestine : 26 morts dans la nuit à Gaza, le ballet diplomatique s’accélère

Des Palestiniens à proximité d'un immeuble détruit par les bombardements israéliens, à Gaza, le 13 mai. © Khalil Hamra Des Palestiniens à proximité d'un immeuble détruit par les bombardements israéliens, à Gaza, le 13 mai.

Pour la troisième fois de la semaine, mais la première en public, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se tenir ce dimanche pour discuter des vives tensions entre Israël et le Hamas. Une réunion qui va intervenir alors que l’armée israélienne a indiqué ce matin avoir frappé le domicile du chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar. On ignore encore si l’homme, emprisonné pendant vingt ans par Israël puis élu à ce poste en 2017, se trouvait dans l’édifice détruit.

Quelques heures plus tôt, samedi, le président américain Joe Biden a enfin semblé s’impliquer pour de bon afin de tenter de résoudre le conflit. Dans la journée, il s’est en effet entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Au premier, le chef d’Etat des Etats-Unis a dit sa «grande inquiétude» après l’escalade des violences, ainsi que sa préoccupation concernant «la sécurité des journalistes» après la frappe israélienne qui a détruit l’immeuble abritant l’agence américaine AP et la télé qatarie Al-Jazeera à Gaza. Il a également réaffirmé au leader de l’Etat hébreu son «fort soutien au droit d’Israël à se défendre contre» les attaques menées par le mouvement islamiste Hamas «et d’autres groupes terroristes à Gaza».

Biden favorable à la «solution négociée à deux Etats»

Lors de sa discussion avec le président palestinien Mahmoud Abbas, Joe Biden a d’abord demandé que le Hamas «cesse de tirer des roquettes» sur Israël. Le président des Etats-Unis a ensuite «exprimé son soutien à des mesures pour permettre au peuple palestinien de jouir de la dignité, la sécurité, la liberté et les opportunités économiques qu’il mérite». Enfin, le chef d’Etat américain a plaidé pour une «solution négociée à deux Etats», qui est selon lui «la meilleure voie pour parvenir à une résolution juste et durable du conflit israélo-palestinien».

En parallèle, un émissaire américain est arrivé au Proche-Orient et a rencontré samedi les deux parties. Ce haut responsable du département d’Etat américain, Hady Amr, doit de nouveau s’entretenir dimanche avec des dirigeants israéliens à Jérusalem et se rendre en Cisjordanie occupée pour des discussions avec des responsables palestiniens. Par ailleurs, une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’UE sera organisée mardi 18 mai, a indiqué ce dimanche le porte-parole de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Alors que la flambée de violence entre Israël et le Hamas à Gaza ne montre aucun signe d’accalmie, 26 Palestiniens dont huit enfants ont été tués dimanche dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, a rapporté le ministère local de la Santé. Cela porte à plus de 180 le nombre de personnes tuées dans l’enclave palestinienne depuis lundi, parmi lesquels une cinquantaine d’enfants, et 1 200 blessés. Côté israélien, 10 personnes ont été tuées par les roquettes du Hamas, dont 2 enfants. Selon l’armée israélienne, plus de 120 roquettes ont encore tirées de Gaza vers l’Etat hébreu dans la nuit de samedi à dimanche.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du monde samedi en soutien aux Palestiniens, et notamment dans les rues de Paris.

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