Bénin: polémique sur la date de fin du mandat présidentiel de Patrice Talon

L'organisation de la présidentielle d'avril 2021 est mise en cause par des organisations de la société civile et l'opposition au président sortant qui se présente pour un nouveau mandat (illustration du président Patrice Talon en août 2020) © YANICK FOLLY / AFP L'organisation de la présidentielle d'avril 2021 est mise en cause par des organisations de la société civile et l'opposition au président sortant qui se présente pour un nouveau mandat (illustration du président Patrice Talon en août 2020)

Au Bénin, la modification de la Constitution initiée par Patrice Talon en novembre 2019 a changé les dates traditionnelles du calendrier électoral concernant l'élection présidentielle et l'entrée en fonction du président élu. Les nouvelles dates, 11 avril pour le vote et prestation de serment la quatrième semaine du mois de mai. Une rallonge près d’un mois et demi de jours par rapport au calendrier de l’ancienne Constitution. Cela fait cinq ans que Patrice Talon est en fonction et l’opposition ne veut pas qu’il reste une seconde de plus. Ses adversaires politiques de la diaspora appelle à descendre dans la rue. Une journée délicate qui inquiète à Cotonou

avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan

Une déclaration des exilés politiques publiée ce week-end à Paris rappelle que Patrice Talon a prêté serment le 6 avril 2016. Ils en déduisent que depuis ce mardi matin, 06 avril à zéro heure, ce dernier n’est plus président du Bénin et redevient « un citoyen normal ». Une de ces figures de l’opposition en exil, Komi Koutche, ancien ministre des Finances appelle à manifester dans les quatre coins du Bénin.

Pour le porte-parole du gouvernement, cela ressemble un appel à l’insurrection et le ministre prévient que le gouvernement prendra ses responsabilités. Ces derniers jours, Un document de l’armée a fuité sur les réseaux sociaux informant que la haute hiérarchie militaire a placé les troupes en alerte maximale numéro 3. C’est classique en période électorale dédramatise un officier.

Cette polémique est une mauvaise interprétation, selon Alain Orounla, ministre porte-parole. « La date du 5 avril n’a plus aucun sens, ni aucun fondement juridique. Le calendrier électoral a été constitutionnalisé de même que sa prise de fonction par loi fondamentale aujourd’hui en vigueur au Bénin ; Cette Constitution est écrite en français facile ».

« Celui qui s’accorde quelques jours peut s’accorder deuc ans et même un mandat supplémentaire sans élection » s’ inquiète le constitutionnaliste Joël Aivo, un autre candidat de l’opposition recalé.

À lire aussi Patrice Talon en campagne active pour sa réélection au Bénin

Bénin: polémique sur la date de fin du mandat présidentiel de Patrice Talon