Nouveau regain de tension entre la Pékin et Canberra

Marise Payne, ministre australienne des Affaires étrangères, le 28 juillet 2020 à Washington. © REUTERS - POOL Marise Payne, ministre australienne des Affaires étrangères, le 28 juillet 2020 à Washington.

La ministre australienne des Affaires étrangères vient de révoquer des accords conclus entre l’État du Victoria et trois gouvernements étrangers : l’Iran, la Syrie et surtout la Chine, qui avait signé en 2018 et 2019 deux accords avec cet État du Victoria, dans le cadre de son projet de Nouvelles Routes de la soie. Pékin dénonce une « provocation » que dénonce et qui contribue à aggraver encore un peu plus les tensions entre l’Australie et son principal partenaire commercial. 

Avec notre correspondant à Perth, Grégory Plesse

« Contraires à la politique étrangère australienne » : c’est le motif avancé par la cheffe de la diplomatie australienne, Marise Payne, lorsqu’elle a annoncé la révocation des accords signés entre l’État du Victoria et la Chine, à propos de son projet des Nouvelles Routes de la soie… 

Cette capacité de veto, elle a été rendue possible en décembre dernier, après le vote d’une loi sur les relations étrangères. En vertu de ce texte, le gouvernement fédéral peut bloquer tout accord conclu entre les États, les collectivités locales, les universités australiennes et tout gouvernement étranger, s’il estime que cet accord est contraire à l’intérêt national. 

Dans le Victoria, deuxième État le plus peuplé d’Australie, ces accords étaient surtout un moyen d’attirer des investissements et de créer des emplois sur le territoire. 

Mais à Canberra en revanche, les Nouvelles Routes de la soie sont perçues comme une menace, qui pourrait réduire drastiquement l’influence de l’Australie dans la région indo-pacifique. 

L’initiative n’a pas du tout plu à Pékin. Cette décision « montre que le gouvernement australien n'a aucune sincérité dans l'amélioration des relations » déjà tendues entre Pékin et Canberra, indique dans un communiqué l'ambassade de Chine en Australie.

Les relations sino-australiennes sont compliquées depuis des mois. Elles ont commencé à se détériorer en 2018, lorsque Canberra a exclu le géant chinois des télécoms Huawei de la construction de son réseau 5G, au nom de la sécurité nationale. Elles se sont depuis encore tendues lorsque le Premier ministre australien Scott Morrison a appelé à une enquête internationale sur les origines de l'épidémie de Covid-19. La Chine, premier pays touché par la pandémie, considère cette demande comme hostile et politiquement motivée. L'Australie est déjà frappée par des sanctions commerciales, visant notamment l’orge, la viande de boeuf ou encore les vins en bouteille. Des produits qui ont tous la Chine pour premier client à l’international…

Nouveau regain de tension entre la Pékin et Canberra