Afrique du Sud: en pleine crise intestine, l'ANC rend hommage à Winnie Mandela

Un membre de l'ANC arrive à la 54e conférence du parti à Johannesbourg, le 16 décembre 2017. © REUTERS/Siphiwe Sibeko Un membre de l'ANC arrive à la 54e conférence du parti à Johannesbourg, le 16 décembre 2017.

En Afrique du Sud, l’ANC (le Congrès National Africain) rendait hommage vendredi 2 avril à la figure de la lutte contre l’apartheid Winnie Mandela. Cette icône du parti, surnommée « la mère de la nation » par les Sud-Africains, est décédée il y a trois ans, à l’âge de 81 ans. Le président Cyril Ramaphosa a profité de cette cérémonie pour appeler le parti à rester uni, alors que l’ANC est en pleine crise.

Avec notre correspondant à Johannesbourg, Claire Bargelès

Covid oblige, seuls quelques cadres de l’ANC sont venus déposer une couronne de fleurs puis assister à la cérémonie religieuse du Vendredi Saint. À cette occasion, le président Cyril Ramaphosa tenu à souligner que l’unité du parti était l’un des combats de Winnie Mandela.

« Les temps sont aussi très difficiles politiquement, pour le Congrès national africain. Et elle aurait été la première à affirmer qu’il faut que l’on continue à prôner l’unité de l’ANC, car cela permet aussi d’unir la nation sud-africaine. »

En début de semaine, une nouvelle résolution a été passée : elle oblige tout membre du parti poursuivi en justice à quitter son poste dans les trente jours. De quoi créer des dissensions et aggraver les divisions entre les différentes factions. Elles sont grandes désormais entre le camp Ramaphosa et le camp du secrétaire général Ace Magashule, poursuivi pour corruption et poussé vers la sortie.

Pour Veli Mofokeng, militant membre de la Ligue de la jeunesse du parti, il est temps que l’ANC fasse le ménage dans ses rangs : « Il y a des membres qui agissent pour leur intérêt personnel. Mais je suis content que l’on travaille au redressement du parti en s’attaquant à la corruption. »

Mais pour d’autres, l’affaire est loin d’être tranchée, comme l’estime Nomvula Mokonyane, membre du comité exécutif du parti : « Ceux qui quittent leurs fonctions doivent le faire volontairement. Durant ces 30 jours, il va y avoir des discussions pour examiner le fondement des accusations qui sont faites. »

Ace Magashule n’a pas encore dit son dernier mot, et entend d’ici la fin du mois échanger avec les figures historiques du parti et les représentants locaux.

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