Sahara : Le Parlement allemand rejette deux motions hostiles au Maroc

© Fournis par Yabiladi

Les deux motions, présentées par le groupe parlementaire Die Linke et le groupe des Verts, ont été rejetées par les membres de la Commission des affaires étrangères du Parlement allemand.

Malgré le froid diplomatique marquant les relations entre Rabat et Berlin, la Commission des affaires étrangères du Parlement allemand (Bundestag) a rejeté, la semaine dernière, deux motions reprenant les thèses du Front Polisario. Ainsi, la première, déposée par groupe parlementaire Die Linke (gauche) a été rejetée par tous les groupes parlementaires représentés au sein de la Commission, à l’exception de Die Linke, et des Verts qui se sont abstenus.

Le texte, qui évoquait «l’application du droit international au Sahara occupé par le Maroc», reprenait ouvertement les éléments de langage de l’Algérie et du Polisario, en s’attardant sur «le référendum» au Sahara ainsi qu’une prétendue «détérioration de la situation des droits de l’Homme», dans la province.

De même, la Commission des affaires étrangères a rejeté, le même jour, une deuxième motion introduite par le groupe des Verts, qui insistait sur «la nécessité d’ouvrir une voie politique vers une paix durable au Sahara» et qui reprenait également la version de l’Algérie et du mouvement séparatiste. Ce texte appelait le gouvernement allemand à intensifier ses efforts diplomatiques en vue de consolider le cessez-le-feu, en impliquant ses partenaires européens, en particulier la France, l’Union africaine, et les Etats-Unis.

Le lobbying de l’Algérie et du Polisario à l’œuvre

Le texte, rejeté également par les membres de la Commission, omettait de mentionner l’annonce faite par les partisans de Brahim Ghali du retrait du mouvement du cessez-le-feu, le 14 novembre 2020, au lendemain de l’intervention des FAR à El Guerguerate. Le groupe des Verts oublient aussi de rappeler que le rôle de l’Union africaine (UA) a été définitivement circonscrit à l’appui aux efforts du Secrétaire général de l’ONU pour la relance du processus politique, par le biais d’une Troïka, conformément à la décision 693 prise lors du 31ème Sommet de l’UA, tenu en 2018 à Nouakchott.

Cet échange de bons procédés entre les Verts et Die Linke témoigne de la nature orchestrée de ces deux motions, introduites dans le cadre d’une même campagne par les milieux pro-Algérie et pro-Polisario. Ces derniers espéraient ainsi compter sur le lobbying au sein des parlements en Europe, en particulier allemand, pour tenter de compenser les échecs essuyés sur le terrain et à l’ONU, ces derniers mois.

En rejetant les deux motions, le Parlement allemand confirme son attachement à la légalité internationale, incarnée par le référentiel retenu par le Conseil de Sécurité pour parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique, durable, et basée sur le compromis au différend régional sur le Sahara, dans un contexte particulier.

Il s’agit également d’un bon signe de la volonté de Berlin de tourner la page, au moment où des sources bien informées évoquent un prochain changement à la tête de l’ambassade d’Allemagne à Rabat, destiné à désamorcer la crise avec le royaume.

A rappeler que le 4 mars, au lendemain de la décision du Maroc de geler ses liens avec la représentation allemande, le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Christopher Burger a assuré que «l'Allemagne n'a pas changé sa position concernant le statut du Sahara occidental en attente d'un processus parrainé par les Nations unies».

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