L'opposant russe Navalny à l'hôpital, l'UE discute de ses relations avec Moscou

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'adresse à des journalistes, à Bruxelles le 19 avril 2021 © François WALSCHAERTS Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'adresse à des journalistes, à Bruxelles le 19 avril 2021

La Russie a fait hospitaliser lundi l'opposant en grève de la faim Alexeï Navalny tout en jugeant son état "satisfaisant", alors que sa santé est devenue une nouvelle source de tensions russo-occidentales.

Le militant anti-corruption, qui a cessé de s'alimenter il y a trois semaines, a été transféré dans une unité carcérale hospitalière située dans la même région que le camp où il est emprisonné depuis début mars.

L'opposant russe Alexeï Navalny, lors d'une audience judiciaire à Moscou le 20 février 2021 © Kirill KUDRYAVTSEV L'opposant russe Alexeï Navalny, lors d'une audience judiciaire à Moscou le 20 février 2021

"L'état de santé de A. Navalny est jugé satisfaisant", ont assuré les services pénitentiaires, ajoutant qu'il a accepté de prendre "une thérapie vitaminée". Pendant le weekend, ses proches avaient indiqué qu'il risquait la mort à chaque instant.

Sa santé a été au programme lundi d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27, consacrée plus globalement aux rapports avec la Russie, avec notamment le déploiement de troupes russes aux abords de l'Ukraine et les expulsions croisées de dizaines de diplomates russes et tchèques.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell lors d'une réunion informelle par visioconférence avec les ministres européens des Affaires étrangères, à Bruxelles le 19 avril 2021 © François WALSCHAERTS Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell lors d'une réunion informelle par visioconférence avec les ministres européens des Affaires étrangères, à Bruxelles le 19 avril 2021

Ce déploiement aux frontières ukrainiennes est "le plus massif jamais enregistré", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à l'issue de la rencontre, évoquant "150.000 militaires".

Il a également appelé Moscou à donner à Alexeï Navalny un "accès immédiat" à des médecins dans lesquels "il a confiance". 

Un proche allié de l'opposant, Léonid Volkov, a dénoncé lundi les "mensonges" des services pénitentiaires et estimé qu'il était transféré "dans un camp de concentration et de torture et non à l'hôpital".

Au début de la rencontre, M. Borrell avait jugé "très inquiétant" son état et jugé les autorités russes "responsables" de sa santé.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a balayé les critiques occidentales. "Nous ne pouvons pas accepter de telles déclarations de la part de représentants d'autres gouvernements", a-t-il déclaré aux journalistes.

Alexeï Navalny a arrêté de s'alimenter le 31 mars pour protester contre ses conditions de détention, accusant notamment l'administration pénitentiaire de lui refuser l'accès à un médecin alors qu'il souffre d'une double hernie discale, selon ses avocats.

Le camp de détention de Pokrov, à 100 km de Moscou, le 1er mars 2021 © Dimitar DILKOFF Le camp de détention de Pokrov, à 100 km de Moscou, le 1er mars 2021

Les partisans de l'opposant âgé de 44 ans, qui a survécu a un empoisonnement ordonné selon lui par le Kremin, ont aussi appelé à des manifestations dans toute la Russie mercredi, jour de l'adresse annuelle au Parlement de Vladimir Poutine.

IMAGES Images de l'ambassade de République tchèque à Moscou, avant l'expulsion de 20 de ses diplomates qui ont été déclarés dimanche "persona non grata" par Moscou en représailles à l'expulsion de 18 diplomates russes par Prague qui les accuse d'espionnage, une décision fustigée par la Russie qui y voit "la trace des Etats-Unis". © Ivana JURISA IMAGES Images de l'ambassade de République tchèque à Moscou, avant l'expulsion de 20 de ses diplomates qui ont été déclarés dimanche "persona non grata" par Moscou en représailles à l'expulsion de 18 diplomates russes par Prague qui les accuse d'espionnage, une décision fustigée par la Russie qui y voit "la trace des Etats-Unis".

Le ministère de l'Intérieur a prévenu qu'il ne permettra aucune "déstabilisation" et prendra "toutes les mesures qui s'imposent". Le parquet veut lui faire interdire tout le mouvement de M. Navalny pour "extrémisme".

Les messages de fermeté visant Moscou se sont multipliés depuis que les proches du détracteur le plus en vue de Vladimir Poutine ont dressé un bilan alarmant de son état de santé.

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