Incendie meurtrier d'un hôpital en Irak: un vent de colère souffle sur Bagdad

Les funérailles des personnes tuées dans l’incendie d’un hôpital du sud-est de Bagdad qui avait été équipé pour héberger des patients Covid-19, à Najaf, Irak, le 25 avril 2021. © REUTERS - ALAA AL-MARJANI Les funérailles des personnes tuées dans l’incendie d’un hôpital du sud-est de Bagdad qui avait été équipé pour héberger des patients Covid-19, à Najaf, Irak, le 25 avril 2021.

À Bagdad, au moins 82 personnes sont mortes dans un incendie à l'hôpital Ibn al-Khatib dans la nuit de samedi à dimanche 25 avril. Des bouteilles d'oxygène, conservées sans respect des mesures de sécurité, auraient provoqué le départ de feu. Depuis, un vent de colère souffle sur Bagdad. Les habitants dénoncent la négligence des autorités.

Avec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann

Comment une telle tragédie a pu avoir lieu ? Les Irakiens veulent aujourd'hui savoir, et ils sont en colère. Pour eux, ce sont la gabegie et la corruption qui ont causé ce terrible accident. Le système de santé est délabré depuis des décennies, disent-ils, et les autorités ne font rien pour le remettre sur pied.

Les premiers éléments d'explications, apportés par la défense civile, n'ont fait que renforcer leur grogne. « L'hôpital n'avait pas de système de protection contre les incendies, lit-on dans le communiqué, et les faux plafonds ont permis la propagation du feu jusqu'à des produits hautement inflammables ».

 À lire aussi : Covid-19: tomber malade, une punition en Irak

Sur Twitter, le hashtag « Démission du ministre de la Santé » était en tête des mots clés en Irak. Quelques heures après l'accident, des manifestations ont éclaté dans la capitale pour réclamer son départ. En réponse, le chef du gouvernement irakien, Moustafa al Kazimi, a annoncé la suspension du ministre et l'ouverture d'une enquête dans laquelle il sera entendu, ainsi que, entre autres, le chef du département de la Santé du district et le directeur de l'hôpital. Il a promis aux habitants des réponses sous cinq jours et décrété trois jours de deuil national.

Incendie meurtrier d'un hôpital en Irak: un vent de colère souffle sur Bagdad