France-USA : duel d'invincibles avec Rapinoe en vedette

© AI / Reuters / Panoramic / STEPHANE MAHE / ZM / Peter Sonander

Le match est amical, mais l'affiche fait rêver. Invaincues depuis la Coupe du monde 2019, les Bleues se frottent ce mardi (21h10) au Havre à leur dernier vainqueur en date, les États-Unis de la double championne du monde en titre Megan Rapinoe. L'équipe de Corinne Diacre aborde son deuxième match de l'année avec le vent dans le dos, portée par sa victoire enthousiasmante vendredi contre l'Angleterre (3-1). La «Team USA» a buté samedi sur la Suède (1-1), une sorte de contre-performance après 16 victoires d'affiliée.

Au Stade Océane, il y aura en tout cas deux camps déterminés à faire vaciller un adversaire synonyme de mauvais souvenirs. Car si les États-Unis ont éliminé 2-1 la France en quarts de «son» Mondial à domicile en 2019, la sélection tricolore est aussi la dernière à avoir fait tomber l'ogre américain en janvier 2019 (3-1), déjà au Havre en amical. Mais ne parlez pourtant pas de «revanche» ou de «match retour» à Corinne Diacre, la sélectionneuse qui reste sur seize matches sans défaite depuis la Coupe du monde. «Ce sont deux compétitions complètement différentes, je n'ai pas de rétroviseur», coupe-t-elle. De fait, l'équipe de France version 2021 présente un visage bien différent deux ans après le tournoi planétaire, entre les joueuses retraitées ou éloignées (Bussaglia, Thiney, Bouhaddi...), et celles absentes en avril car blessées ou touchées par le Covid-19.

Jeunesse et vitesse chez les Bleues

En l'absence des Lyonnaises, victimes d'un «cluster» en club (à l'exception de Le Sommer), les Bleues ont toutefois réussi à se défaire des Anglaises, demi-finalistes du dernier Mondial, vendredi à Caen au terme d'une prestation «plutôt aboutie», selon Diacre. Mais, prévient la capitaine Marion Torrent, «les États-Unis, c'est encore un niveau au-dessus». «Il faudra être solides et rester dans cette dynamique de solidarité, d'esprit d'équipe», selon la défenseure de Montpellier. Puissance et expérience côté USA, jeunesse et vitesse côté France: c'est une opposition de style qui se profile mardi entre la première équipe au classement Fifa et la troisième nation mondiale.

«C'est une équipe très physique» alors que «nous, on est davantage des joueuses techniques», résume auprès de l'AFPKadidiatou Diani, dont le doublé en janvier 2019 avait été fatal aux Américaines. À seulement 26 ans, l'attaquante du Paris SG fait office de guide auprès des jeunes flèches Sandy Baltimore et Marie-Antoinette Katoto, 21 et 22 ans respectivement. Contre l'Angleterre, elle était ainsi la seule à compter plus de 50 sélections dans un onze de départ ayant une moyenne de 22 capes par joueuse. À titre de comparaison, la moyenne américaine s'est élevée à 114 sélections au coup d'envoi à Stockholm, avec seulement deux joueuses comptant moins de 50 apparitions sous le maillot à la bannière étoilée. Le 300e match disputé par la capitaine Carli Lloyd a certes pesé lourdement, mais le total aurait pu être encore plus élevé avec Alex Morgan et Megan Rapinoe en titulaires.

La Ballon d'Or 2019, célèbre pour son engagement féministe et anti-raciste, est entrée en seconde période avant d'inscrire son 58e but international sur penalty à trois minutes de la fin du temps réglementaire. Ce but tardif a permis au sélectionneur Vlatko Andonovski de prolonger une incroyable série: les États-Unis n'ont plus connu la défaite depuis 38 matches. Pour les Bleues, c'est un sacré défi à relever.

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