Pandémie: les Anglais en terrasses, la France étend la vaccination

Un homme livre de la bière dans un pub de Londres en prévision de l'allègement des restrictions sanitaires le 9 avril 2021 © Tolga Akmen Un homme livre de la bière dans un pub de Londres en prévision de l'allègement des restrictions sanitaires le 9 avril 2021

Les Anglais se préparaient lundi à réinvestir terrasses de pubs et salons de coiffure au terme d'un long hiver confiné, tandis que tous les Français âgés de plus de 55 ans sont désormais invités à se faire vacciner.

"Je suis sûr que ce sera un énorme soulagement pour les propriétaires d'entreprises fermées depuis si longtemps et pour tous les autres, c'est l'occasion de recommencer à faire certaines des choses que nous aimons et qui nous ont manqué", s'est réjoui le Premier ministre britannique Boris Johnson.

A Caracas, au Venezuela, les files d'attente s'allongent avant d'obtenir des bouteilles d'oxygène pour les malades du Covid-19. © Yorman MALDONADO A Caracas, au Venezuela, les files d'attente s'allongent avant d'obtenir des bouteilles d'oxygène pour les malades du Covid-19.

Il y a exactement un an, M. Johnson, lui-même contaminé, sortait de l'hôpital après y avoir passé plusieurs jours dont trois nuits en soins intensifs.

Des personnes attendent dans un centre de vaccination de Nantes (France) le 9 avril 2021 © LOIC VENANCE Des personnes attendent dans un centre de vaccination de Nantes (France) le 9 avril 2021

La joie de retourner aux terrasses des cafés et restaurants est cependant ternie par la mort du prince Philip, 99 ans, vendredi, qui a plongé le Royaume-Uni dans une période de deuil national qui doit durer jusqu'au jour de ses obsèques, samedi.

Le pays, confiné pour la troisième fois début janvier (avec des régions comme Londres confinées dès la mi-décembre), a vu sa situation sanitaire nettement s'améliorer depuis. 

Il compte désormais moins de 3.000 cas et moins de 50 décès par jour. Moins de 3.000 patients atteints du Covid-19 sont traités dans les hôpitaux contre près de 40.000 au pic de janvier. 

Il vaccine aussi à tour de bras: près de 60% de la population a reçu une première dose, soit la plus grande partie des moins de 50 ans, les autorités comptant proposer une première dose à l'ensemble des adultes d'ici fin juillet.

Cet objectif a été maintenu malgré les inquiétudes soulevées quant à d'éventuels risques de caillots sanguins liés au vaccin d'AstraZeneca, finalement réservé aux plus de 30 ans par précaution.

Des allègements de restrictions sanitaires sont également attendus cette semaine en Italie, Irlande, Slovénie et Grèce. 

L'Allemagne a pour sa part franchi le seuil des 3 millions de contaminations, selon des chiffres publiés lundi par l'autorité nationale de veille sanitaire. La chancelière Angela Merkel s'est à nouveau prononcée au cours du week-end en faveur d'une forme stricte de reconfinement national pour une période assez brève.

- Freiner l'épidémie -

En France, la vaccination va être élargie dès lundi à toutes les personnes âgées de 55 ans et plus, a annoncé dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran. Elles recevront l'AstraZeneca ou le vaccin de Johnson & Johnson, qui doit être livré à partir de lundi. 

Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, au 11 avril à 10H00 GMT © Simon MALFATTO Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, au 11 avril à 10H00 GMT

La cadence de la campagne vaccinale est un enjeu crucial pour le gouvernement, au moment où la France est frappée par une violente troisième vague.

Mais pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, interrogé par le Journal du dimanche, tout miser sur le vaccin pour sortir de la crise s'apparente à "un pari hasardeux. Et risqué".

Des fidèles musulmans transportent un tapis dans une mosquée de Rawalpindi (Pakistan) le 5 avril 2021 © Aamir QURESHI Des fidèles musulmans transportent un tapis dans une mosquée de Rawalpindi (Pakistan) le 5 avril 2021

Par ailleurs, la vente en pharmacie d'autotests de dépistage du Covid-19 sur prélèvement nasal, pour les personnes asymptomatiques de plus de 15 ans, va être autorisée.

La situation est redevenue très tendue à l'hôpital, conséquence d'une épidémie hors de contrôle en mars, poussée par le variant anglais, plus contagieux, du coronavirus.

Au Brésil, l'un des pays les plus touchés au monde par la pandémie (plus de 353.000 morts à ce jour), la majorité des personnes se trouvant en soins intensifs ont désormais moins de 40 ans, a révélé dimanche une étude de l'Association brésilienne des soins intensifs (AMIB).

Des voyageurs dans un métro de Tokyo le 9 avril 2021 © Philip FONG Des voyageurs dans un métro de Tokyo le 9 avril 2021

"Cette population ne contractait auparavant qu'une forme moins grave de la maladie et n'avait pas besoin de soins intensifs", a expliqué le Dr Ederlon Rezende, coordinateur de l'étude. "Une telle hausse pour ce groupe d'âge est très significative".

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