Internet : ange ou démon ?

© Fournis par Journal d'Abidjan Le confinement établi dans le monde et en Côte d'Ivoire pendant un moment, pour limiter la propagation de la Covid-19, a contraint des millions de personnes au télétravail. Un mal pour un bien. Du moins, en ce qui concerne les technologies de l'information et de la communication (TIC) qui ont profité de l'occasion pour prendre encore plus de l'ampleur.  Le développement du travail à distance a surtout mis en exergue l'importance de l'Internet dans la société actuelle façonnée par les défis de la mondialisation. « Au début, c'est un phénomène qu'on avait du mal à cerner en termes d'utilité dans notre société traditionnelle. Et puis, pendant ces dix dernières années, tout est allé plus vite », note Marius Comoé, président du Conseil national des organisations de consommateurs de Côte d'Ivoire (CNOC-CI).

Croissance Aujourd'hui, le taux de pénétration de l'Internet en Côte d'Ivoire est au-dessus des 65%. Une croissance attribuée aux réseaux mobiles, avec notamment les technologies 3G et 4G. Selon le ministre de l'économie numérique, des télécommunications et de l'innovation, Roger Adom, le nombre d'abonnements aux réseaux mobiles a plus que doublé en moins de 10 ans, passant de 17 millions d'abonnés en 2011 à 37 millions en 2020.

La Côte d'Ivoire a gagné en maturité numérique, avec le projet e-Gouv qui permet d'accroître l'efficacité de l'administration publique et d'améliorer ses relations avec les usagers des services publics. Désormais les fonctionnaires sont modelés pour être des virtuoses des TIC. Une qualité essentielle pour ce qui est de la célérité dans le traitement des dossiers.

La Côte d'Ivoire a réalisé une progression de six places au classement mondial annuel de l'Union internationale des télécommunications (UIT), passant du 15ème rang en 2011 au 9ème rang africain depuis le dernier classement IDI  2017, et se classant 3ème en Afrique de l'Ouest. Pour rappel, l'UIT fait le classement des pays selon l'indice de développement des TIC.

« Ce n'est qu'un début. Avec l'évolution actuelle des nouvelles technologies, chaque couche de la Côte d'Ivoire sera touchée par Internet.  Partout où il se trouvera, chaque ivoirien pourra être influencé par le net », souligne Marius Comoé. Mais, à côté de ce progrès spectaculaire, les observateurs s'interrogent sur la face  obscure de l'Internet. La Côte d'Ivoire est déjà classée comme dangereuse en termes de cybercriminalité. Et vu la course rapide aux fausses informations, elle pourrait occuper un bien mauvais rang dans les années à venir.

Raphaël TANOH

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