Biden et les Occidentaux mettent en garde Poutine sur l'Ukraine

Un soldat ukrainien monte la garde près de la ville de Marinka, dans la région du Donetsk © STR Un soldat ukrainien monte la garde près de la ville de Marinka, dans la région du Donetsk

Joe Biden a demandé mardi à Vladimir Poutine de "faire baisser les tensions" en Ukraine, ajoutant sa voix aux messages de fermeté adressés par les Occidentaux face aux démonstrations de force de la Russie.

Le président américain "a souligné le soutien inébranlable des Etats-Unis à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a indiqué la Maison Blanche, relatant une conversation téléphonique entre les deux dirigeants.

Devant l'accumulation de troupes russes à la frontière ukrainienne, des consultations d'urgence ont eu lieu mardi à Berlin puis à l'Otan, en présence du chef de la diplomatie ukrainienne.   

Washington a annoncé une première mesure avec l'envoi de 500 militaires supplémentaires en Allemagne, postés "dès cet automne", par la voix du secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, après une réunion à Berlin avec son homologue allemande Annegret Kramp-Karrenbauer.

"Le renforcement militaire considérable de la Russie est injustifié, inexplicable et profondément préoccupant", a averti de son côté le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, après avoir reçu le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba.

Le responsable ukrainien s'est également entretenu à Bruxelles avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

"Cette réunion arrive à point nommé compte tenu de ce qui se passe le long de la frontière ukrainienne avec la Russie", a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

-Sommet en pays tiers -

Ces tensions sur le dossier ukrainien viennent encore alourdir la relation entre Washington et Moscou en ces premiers mois du mandat de Joe Biden. 

Adepte d'une diplomatie franche et directe, le président démocrate n'avait pas hésité le mois dernier à qualifier son homologue de "tueur".

Lors de leur conversation mardi, Joe Biden a proposé à Vladimir Poutine un sommet dans un pays tiers "dans les prochains mois", selon la Maison Blanche.

Les deux dirigeants sont convenus de "poursuivre le dialogue" pour garantir la sécurité mondiale, a dit le Kremlin.

Mais Moscou a aussi accusé mardi l'Otan de mener des activités "menaçantes", et a soutenu avoir été contraint de "prendre les mesures appropriées".

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a précisé avoir transféré en trois semaines "deux armées et trois unités de troupes aéroportées aux frontières ouest de la Russie pour des exercices". Il n'a pas précisé le lieu de ce déploiement.  

"Nous devons décourager Moscou de toute nouvelle escalade, notamment en faisant comprendre que le coût de toute nouvelle aventure militaire serait trop élevé", a plaidé à Bruxelles le chef de la diplomatie ukrainienne.

- 80.000 soldats -

"Rien ne peut être exclu avec la Russie", a-t-il souligné.

"Les mesures envisagées peuvent paraître coûteuses, mais le prix de la prévention sera inférieur à celui d'une intervention pour mettre fin à une guerre", a-t-il expliqué.

L'Ukraine craint que le Kremlin ne cherche un prétexte pour l'attaquer. Kiev a accusé la Russie d'avoir massé plus de 80.000 soldats près de sa frontière orientale et en Crimée, annexée par Moscou en 2014, après l'arrivée de pro-Occidentaux au pouvoir à Kiev.

"Il y a plus de troupes russes massées à la frontière qu'à aucun moment depuis 2014, lors de la première invasion russe", avait souligné dimanche Antony Blinken.

Moscou a de son côté mis en garde l'Otan et les Etats-Unis contre le risque de transformer l'Ukraine en "poudrière" avec le soutien apporté au renforcement des capacités de défense de Kiev.

Dans leur rapport annuel sur les menaces contre les Etats-Unis, les services de renseignement américains ont estimé que la Russie allait "poursuivre ses efforts de déstabilisation contre l'Ukraine" mais qu'elle ne voulait pas d'un "conflit direct" avec Washington.

Les combats sur le front ukrainien, qui étaient quasiment à l'arrêt depuis une trêve conclue à l'été 2020, ont repris avec intensité ces dernières semaines.

"L'Otan est aux côtés de l'Ukraine", a réaffirmé Jens Stoltenberg. "Son soutien est bien concret. Il ne s'agit pas de simples paroles", a-t-il assuré. L'Alliance aide ainsi l'Ukraine a moderniser et à renforcer sa sécurité et sa défense.

Il est resté en revanche prudent dans sa réponse à l'appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky d'accélérer l'adhésion de son pays à l'Otan afin d'envoyer un "vrai signal" à la Russie.

"Les trente alliés décideront à quel moment l'Ukraine remplit les conditions pour adhérer", a-t-il déclaré. "L'Ukraine a le droit de choisir sa voie. Personne n'a le droit de s'ingérer dans ce processus", a-t-il toutefois lancé à l'adresse de Moscou.

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