Tchad: neuvième samedi de mobilisation à une semaine de la présidentielle

Ndjamena a connu une nouvelle journée de mobilisation contre un sixième mandat du président Idriss Déby Itno (illustration). © Xaume Olleros/Bloomberg via Getty Ndjamena a connu une nouvelle journée de mobilisation contre un sixième mandat du président Idriss Déby Itno (illustration).

À une semaine du premier tour de l'élection présidentielle au Tchad, des groupes de jeunes ont tenté de défiler dans plusieurs quartiers de la capitale pour un neuvième samedi de mobilisation contre un nouveau mandat du chef de l'État Idriss Déby Itno. Ces marches, interdites par les autorités, ont rapidement été dispersées.

 

Avec notre correspondante à Ndjamena, Aurélie Bazzara-Kibangula

Des coups de sifflet et des slogans ont surpris les habitants de Chagoua. Les pancartes brandissent un message clair : « Non à un sixième mandat du chef de l'État Idriss Déby Itno ». Les manifestants sont une trentaine. Ce sont principalement des partisans des Transformateurs.

José, 28 ans, dénonce de l'« injustice ». À son âge, il n'a connu qu'un seul président. « Trente ans, c'est kilométrique », dit-il, « on a trop mal ». L'injustice, c'est aussi ce qui a motivé Hallardim à braver l'interdiction de manifester. « Je suis diplômé sans emploi. Je suis tellement fatigué de cette situation. C'est inadmissible de voir l'État faire confiance aux analphabètes et oublier les instruits », lâche-t-il.

Après une dizaine de minutes, les policiers anti-émeute ont dispersé les manifestants. D'autres marches sporadiques ont eu lieu dans la capitale à l'appel de partis d'opposition et organisations de la société civile.

Jean-Bernard Padaré, porte-parole du Mouvement patriotique du salut, le parti au pouvoir, y voit une manière de cacher un manque de programme politique. « Ce n'est pas la manifestation qui apporte des solutions aux difficultés auxquelles sont confrontés nos concitoyens. Comme ils n'ont rien à proposer aux Tchadiens, il pense qu'appeler au boycott fragiliserait notre position. Ils seront démentis de façon cinglante le 11 avril », prédit-il.

Selon l'opposition, quelques militants ont été arrêtés, d'autres blessés par des tirs de gaz lacrymogènes. Un bilan que ne confirment pas encore les autorités.

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